Image: LAURENT GUIRAUD

Une coalition hétérogène se forme pour sauver les retraites des policiers

Référendum: Le MCG, Ensemble à gauche et les syndicats de la police devraient annoncer un ou des référendums cette semaine.

Jusqu’ici, l’Etat finançait le rattrapage de la caisse de retraite d’un policier quand il montait en grade. Jeudi soir, le Grand Conseil a abrogé cette pratique. Présentée comme une mesure de justice et d’égalité de traitement des fonctionnaires entre eux par le Conseil d’Etat, cette abrogation devrait être combattue par un ou plusieurs référendums.

Selon nos sources, une coalition hétérogène est en cours de constitution. Tout ou à peu près devrait se décider cette semaine. Elle est composée, d’une part, des partis qui se sont manifestés durant les débats au parlement, à savoir Ensemble à Gauche et le MCG. D’autre part, des syndicats de police. «La question du référendum est effectivement sur la table après cette nouvelle attaque, cette nouvelle preuve de méprise envers la police», expose le secrétaire syndical de l’Union des corps de police, Marc Baudat. Pour l’UPCP, il n’y a pas de sens à appliquer aux policiers la même règle que pour le rattrapage des autres fonctionnaires: leur caisse de pension serait en meilleure forme financière et la mesure nuirait gravement à l’attractivité des grades. L’organisation syndicale décidera cette semaine de la marche à suivre. Les syndicats de la police judiciaire et le Cartel intersyndical pourraient suivre.

Pour le Cartel, qui ferraille avec le Conseil d’Etat sur la réforme de la caisse de pension des fonctionnaires, l’occasion est tentante de «faire converger» les luttes de secteurs séparés. «L’UPCP et le syndicat de la PJ étant membre du Cartel, nous les soutiendrons certainement s’ils nous le demandent, explique le président du Cartel, Marc Simeth. On essaie de tirer à la même corde, chacun avec ses problèmes spécifiques.»

Au niveau politique, c’est un peu plus compliqué. Pour le MCG, la décision du référendum est quasi prise, même si le secrétaire général François Baertschi se borne à déclarer que le parti «envisage de s’opposer à la loi». Au sein d’Ensemble à Gauche, les discussions vont bon train. Une décision devait être prise lundi soir.

Si ces forces s’alignaient sur la même position, on verrait se reformer le front d’opposition à la loi sur la police votée en mars 2015. D’un autre côté, la gauche de la gauche a déjà passablement de fers au feu, avec notamment la participation à l’initiative de l’Asloca et du Cartel sur le secteur Praille-Acacias-Vernets.

En ce qui concerne le Parti socialiste, la situation est encore brumeuse. Jeudi soir, il s’est également opposé à l’abrogation du rattrapage, mais «il ne s’est pas encore saisi de la question d’un éventuel référendum», explique sa présidente, Carole-Anne Kast. Les Verts, quant à eux, ont voté le changement de la loi avec la majorité UDC, PLR et PDC.

(TDG)