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Un gardien syndicaliste exige d’être blanchi

Champ-Dollon: La procédure disciplinaire ouverte contre lui après une manifestation a été classée. Insuffisant!

Habituellement, le classement d’une procédure disciplinaire est accueilli avec soulagement par la personne dans la ligne de mire. Ce n’est pas le cas dans le dossier de ce gardien de Champ-Dollon puisque son avocat, Me Robert Assaël, fera recours contre la décision du Département de la sécurité et de l’économie (DSE).

Le 4 février 2017, une soixantaine de gardiens de la prison de Champ-Dollon manifestaient publiquement devant la prison leur soutien à leur directeur, Constantin Franziskakis – poussé à quitter sa fonction par le DSE – et critiquaient son successeur. Parmi ces manifestants, Nicolas Allaz, président du groupe Prison de l’Union du personnel du corps de police (UPCP). L’action avait fâché le département, et des entretiens de service avaient été ordonnés contre une quinzaine d’entre eux, dont Nicolas Allaz. Ce dernier a donc été convoqué le 14 juin à cet entretien. Or, dans un courrier du 7 décembre, le DSE l’informe de la décision de classer la procédure disciplinaire ouverte à son encontre. «Par gain de paix et afin de tenir compte du contexte particulier dans lequel les faits qui vous ont été reprochés se sont déroulés», précise la lettre.

Pour Robert Assaël, son conseil, la manière de faire est inacceptable car le DSE ne dit pas autre chose que «je classe, mais vous êtes coupable». Et il ajoute: «Un recours sera déposé pour que mon client soit intégralement blanchi; il n’a commis aucune faute et n’a agi que dans le strict respect de ses responsabilités syndicales et de la liberté d’expression qui s’y attache.» En effet, dès le début de cette affaire, Robert Assaël a défendu le droit de ces gardiens à manifester et a déploré «l’attaque contre leur représentant syndical». Aujourd’hui encore, il persiste et signe: «La réalité est que si le DSE a classé, c’est qu’il s’est bien rendu compte qu’il allait droit dans le mur! Pourquoi avoir dès lors engagé la procédure? Il y avait une volonté politique du chef du département (ndlr. Pierre Maudet) de museler les syndicats, contrepoids pourtant indispensable dans un État de droit.»

Qu’en pense le DSE? Contactée, Caroline Widmer, l’une des responsables de la communication, indique que «si la décision devait être contestée par voie de droit, il en sera pris acte sans autre commentaire» (TDG)