Max Hofmann est le secrétaire général de la Fédération suisse des fonctionnaires de police.

«Quand on agresse un policier, on agresse l’Etat»

Condamnation: Ceux qui violentent ou menacent les fonctionnaires ne verront pas leur sanctions durcies pour l’instant. Leur syndicat est déçu.

La violente agression d’un policier à Genève mi-août n’y aura rien changé. Le Conseil des États a refusé tacitement mercredi d’instaurer des sanctions plus sévères en cas de violence ou menace contre les autorités et les fonctionnaires. S’il partage l’objectif de la motion, il considère que le durcissement proposé – une peine de prison sans sursis – est excessif vis-à-vis d’autres articles du Code pénal. Secrétaire général de la Fédération suisse des fonctionnaires de police, Max Hofmann ne comprend pas cette retenue. Interview.

Comment réagissez-vous à ce vote?

C’est un manque de respect envers tous ceux qui sont appelés à garantir la sécurité de la population. Cela fait des années que nous essayons de reformuler l’article qui traite des violences et menaces contre les fonctionnaires. Actuellement, les peines prononcées sont ridicules. Si quelqu’un agresse un policier, il peut s’en sortir avec des jours-amendes, c’est inadmissible!

La situation a-t-elle empiré?

Les actes contre les fonctionnaires ont augmenté en nombre et en intensité. On le remarque depuis les années 2000. Plusieurs faits divers ont marqué l’opinion. Faudra-t-il un mort pour qu’enfin les politiciens prennent la mesure de ce qui se passe? Le Conseil des États préfère attendre l’harmonisation du Code pénal pour agir… Cela fait des années qu’on parle de cette harmonisation. Mais je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas d’abord traiter cet article avant d’empoigner le reste de la révision. Pour beaucoup d’autres motifs, des articles ont été rapidement modifiés, ou créés. Le Conseil national avait d’ailleurs donné son aval à cette proposition. C’est le fond qui est important.

Pourquoi faudrait-il faire une exception pour les policiers?

On ne demande pas d’exception, mais de mieux appliquer le Code pénal à la réalité. Quand on agresse un policier, on agresse l’État. C’est inacceptable. C’est pour cela que nous voulons une peine minimale que les juges devront appliquer.

En fait, vous voulez mettre la justice sous tutelle…

Non, les juges garderaient leur marge de manœuvre, mais sur une base minimale plus sévère.

Comment allez-vous continuer votre combat?
D’autres propositions sont en cours de traitement au parlement. Notamment deux initiatives parlementaires qui ont été largement acceptées par la commission compétente du National. On espère que cette fois, le Conseil des États sera plus sensible à ce thème, mais cela doit aller vite maintenant.

Pourriez-vous imaginer une manifestation ou une grève des policiers?
Toute action syndicale peut être prise en considération. Mais dans notre État fédéraliste, ce n’est pas évident de faire une manifestation nationale à Berne avec tous les corps de police.

Plus d’infos sur le site de la FSFP.

(TDG)