Une arrestation par la police judiciaire (photo d'illustration)
Image: Laurent Guiraud

Pourquoi les inspecteurs refusent l’accord de l’État

Police: Les deux syndicats de police sont divisés après sept mois de négociations avec le Conseil d’État.

Les sept mois de négociations entre les syndicats de police et le Conseil d’État pourraient bien se terminer par un échec. Le Syndicat de la police judiciaire (SPJ) a refusé mardi un protocole d’accord portant sur le traitement des policiers, tandis que l’Union du personnel du corps de police (UPCP) l’a accepté.

Une série de décisions prises par le Conseil d’État touchant à la rémunération globale des policiers avait déclenché durant des mois leur colère. Le Conseil d’État avait finalement lancé des négociations en mai. Celles-ci ont porté sur trois points: le déclassement des inspecteurs, lesquels ont déposé en masse des recours; la suppression du système de frais avancés par forfait pour les inspecteurs et les gendarmes, remplacé par celui des factures; et la fin programmée de la prise en charge de l’assurance maladie. Après d’intenses pourparlers, le Conseil d’État est revenu en arrière sur le déclassement, en alignant les gendarmes au même niveau que les inspecteurs. Il veut supprimer la prise en charge de l’assurance maladie, en prévoyant une compensation, mais pas pour les futurs policiers. Quant aux débours, ils restent forfaitaires mais baissent de 50%.

«Nous avons fait plusieurs concessions significatives, sur la LAMal et sur les débours, estime Michael Berker, membre du comité du SPJ. Le Conseil d’État ne nous fait pas de cadeau en nous rendant la classe de salaire qu’il nous a arrachée. Il reconnaît implicitement nous avoir déclassés injustement. Étant donné qu’il avait pris une décision arbitraire, nous souhaitions que l’employeur participe aux frais concernant les 280 recours déposés.» Ce qu’il a refusé. «Nous avons donc proposé de nous en remettre à une décision de justice concernant ces dépens. Là encore, le Conseil d’État a refusé.» C’est pour cette raison que les inspecteurs ont rejeté le protocole. Une attitude d’enfant gâté? Le syndicaliste s’en défend, estimant que l’État doit assumer ses «décisions téméraires».

Peu concerné par ce dernier point, l’UPCP a approuvé l’accord, mais s’en voit du coup privé par ses frères d’armes. Son président, Marc Baudat, ne parle pas de division des syndicats, mais de «divergence d’opinions». Les négociations reprendront-elles? Au Département de la sécurité et de l’économie de le décider. Ce mercredi, il regrettait la nouvelle prise de position du SPJ. (SR: TDG)