Les assaillants de Barcelone étaient passés par Bâle et Zurich. (Photo: Keystone/AP/Manu Fernandez)

Polices suisses tenues à distance des infos sur les jihadistes

L’accès au répertoire d’Europol sur les suspects de terrorisme marche à sens unique pour les enquêteurs suisses.

Les réseaux jihadistes ne connaissent pas de frontières. Selon le «Tages-Anzeiger», plusieurs auteurs des attentats de Barcelone et Cambrils (Esp) sont par exemple passés par la Suisse. D’autres terroristes auraient aussi eu des contacts dans le pays. Or, l’échange de renseignements entre la Suisse et l’Europe coince toujours. L’accès au système d’information d’Europol est à sens unique. Si les enquêteurs suisses sont encouragés à fournir leurs résultats à la base de données, ils ne peuvent pas eux-mêmes y faire des recherches.

Les demandes helvétiques doivent en effet faire un détour bureaucratique par la représentation diplomatique aux Pays-Bas, plus précisément par l’attaché de police, qui doit lui-même transmettre la requête à des fonctionnaires européens. Ceux-ci récoltent alors les renseignements nécessaires pour le compte de la Suisse, avant de les transmettre à l’attaché de police qui les enverra à son tour aux enquêteurs.

Cette procédure retarde le travail des polices, explique le journal. «Un accès direct nous permettrait de mieux connaître les réseaux jihadistes», plaide la porte-parole de la Fedpol, Cathy Maret. La ministre Simonetta Sommaruga a déjà signalé à plusieurs reprises cette «lacune de sécurité» à l’Union européenne, mais le problème persiste, pour des questions de protection des données. La Suisse a pourtant un accès illimité à la base de données Schengen.

Le cas de l’assaillant de Turku (Finlande)

L’utilisation des mouvements de migration est une manière pour les djihadistes de gagner l’Europe. Pour ce faire, ils utilisent des faux papiers ou des documents de voyages falsifiés.

L’auteur présumé de l’attentat de Turku (Finlande) avait déposé une demande d’asile à Chiasso en 2016. Ce Marocain, qui a poignardé deux femmes le 18 août dernier dans la ville finlandaise avait été enregistré par les gardes-frontières à Chiasso (TI) le 23 avril 2016. Mais il avait déposé une demande d’asile sous un faux nom.

Deux jours plus tard, il a disparu sans laisser de traces, ce qu’a reconnu la porte-parole de fedpol, confirmant une autre information des deux journaux. En Finlande, le jeune homme de 22 ans se faisait passer pour quelqu’un de 18 ans et vivait, sous un faux nom, dans un centre pour requérants. Auparavant, il avait séjourné en Allemagne. (ats)