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Les tensions entre Etat et syndicats de police inquiètent les députés genevois

Les rapports compliqués entre les syndicats de police genevois et l’Etat, qui ont rythmé la législature, préoccupent le Parlement. Une quinzaine de questions écrites ont été déposées lors de la dernière session.

Les interrogations adressées au bureau du Conseil d’Etat, qui concernent le département de la Sécurité et son ministre Pierre Maudet, portent sur divers points comme la formation des policiers ou le salaire des inspecteurs de la police judiciaire notamment.

Habituellement, les interventions liées à ce sujet émanent plutôt du MCG ou de l’UDC, mais on trouve aussi, cette fois, des députés de gauche (Verts, Ensemble à Gauche et PS) parmi les intervenants. Visiblement, la mobilisation des syndicats a réussi à interroger la quasi-totalité du Parlement à quelques mois des élections cantonales.

Nombreux motifs d’affrontements

Les points de frictions entre l’Etat et les syndicats de police sont multiples. C’est le cas par exemple d’une directive consacrant une flexibilisation des horaires de travail, qui avait fait monter les syndicats au créneau en fin d’année dernière.

Plus récemment, c’est la dévaluation d’une classe de salaire des policiers judiciaires qui a mis le feu aux poudres. Les syndicats, très mobilisés, ont obtenu le gel de plusieurs mesures en lien avec leur statut ainsi que l’ouverture de négociations avec une délégation du Conseil d’Etat. Elles sont d’ailleurs toujours en cours et leur issue devrait être définitive avant le vote du budget en décembre.

Le tournant de la nouvelle loi sur la police

Les rapports parfois tendus entre le département en charge de la Sécurité et les syndicats de la police ne sont pas nouveaux mais beaucoup s’accordent à dire que la nouvelle loi sur la police a marqué un tournant dans les rapports entre Etat et syndicats de police. Le texte accepté en 2015 avec 54 voix de différence faisait déjà bondir les syndicats à l’époque, notamment à cause de la réorganisation du corps de police en cinq unités. Depuis, cette nouvelle loi est entrée en vigueur et son application est source de conflit sur le fond mais le côté parfois fonceur de Pierre Maudet sur des dossiers est aussi montré du doigt par certains.

>> Ecouter le débat de Forum entre Marko Bandler, député socialiste suppléant, et Murat Alder, député PLR:  http://tp.srgssr.ch/p/rts/inline?urn=urn:rts:audio:9087883&hideendscreen&autoplay=1