Pour la première fois, un thème commun réunit policiers municipaux et cantonaux. De gauche à droite : Cyril Nobs, David Desplands, Cédric Wider, Damien Menetrey, policiers municipaux et Marc Baudat, policier cantonal.
Image: Laurent Guiraud

Les policiers inquiets de devoir signer les amendes

Contraventions: La loi oblige désormais les agents municipaux et cantonaux à inscrire leur nom et leur prénom sur les amendes d’ordre. À Genève, on craint pour leur sécurité.

Sur l’amende glissée sur votre pare-brise figure depuis janvier l’identité de celui qui vous a verbalisé. Qu’il soit policier municipal ou cantonal, ou encore employé de la Fondation des parkings, l’agent a l’obligation d’inscrire son nom et son prénom sur chaque amende d’ordre qu’il inflige, à la place de son matricule, comme auparavant.

C’est une conséquence de la loi fédérale sur les amendes d’ordre établie en 2016, qui avait pour but d’unifier différents types d’amendes sous une même législation, et qui est en vigueur depuis janvier. Votée à Berne (lire ci-dessous), cette loi, qui englobe notamment celles sur la circulation routière, sur l’asile ou encore sur les armes, fait tousser tous les agents concernés à Genève.

Agents «pas assez protégés»

Ils sont cinq, policiers municipaux et cantonaux, à nous rencontrer au café pour faire part de leur inquiétude. «On ne comprend vraiment pas l’intérêt de ce changement. Avant, le numéro de matricule permettait de savoir qui avait rédigé l’amende en cas de problème. Si une personne la contestait et que la procédure allait jusqu’au tribunal, elle obtenait le nom de l’agent et rencontrait ce dernier durant l’audience», résume Marc Baudat, président de l’Union du personnel du corps de police (UPCP).

«Aujourd’hui, on ne sait pas qui on amende, mais la personne sait qui on est. Avec notre identité mise à jour, on n’est pas suffisamment protégés. Or, c’est le rôle de notre employeur de garantir notre sécurité», estime Damien Menetrey, président du Syndicat des polices municipales genevoises (SPMG).

«Les amendes d’ordre, même si elles concernent des faits peu graves, ne sont jamais agréables, ajoute Marc Baudat. Du coup, nos noms sont liés à quelque chose de forcément déplaisant.» Leur crainte? «Que les gens mettent la photo de leur amende et livrent nos noms sur les réseaux sociaux, et que l’on subisse du harcèlement après un emballement virtuel.»

Son confrère Cédric Wider, président de l’Union des polices municipales genevoises (UPMG), soulève, outre l’acharnement sur la Toile, le problème de la proximité physique: «Une bonne partie des policiers municipaux habitent la commune où ils travaillent. Lorsqu’un citoyen mécontent connaît leur identité, il peut facilement retrouver leur adresse et les menacer, eux ou leur famille.»

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