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Les policiers de plus en plus victimes d’agressions

Tandis qu’il y a un mois, 500 manifestants défilaient à Lausanne pour protester contre les violences policières à la suite de la mort d’un Nigérian décédé lors d’une intervention, et alors que les statistiques de la criminalité indiquent une baisse générale, le syndicat des policiers est intervenu jeudi dernier pour rappeler que les agressions visant des agents sont en augmentation constante.

A Berne, les revendications du syndicat trouvent bon écho. Une motion de la conseillère nationale Sylvia Flückiger-Bäni (UDC/AG) a été acceptée de justesse en mars, avec le soutien de son parti et du PDC. Elle demande notamment une notification à l’employeur pour tout jugement relatif à cette infraction. Le Conseil fédéral n’en voulait pas: «Il est difficile de comprendre pourquoi les employeurs devraient être informés par les autorités pour cette infraction en particulier.»Pas uniquement les forces de l’ordre

Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique parlent de «violences ou menaces contre les autorités et les fonctionnaires». Il s’agit d’un décompte des infractions à l’article 285 du Code pénal. Les chiffres ne concernent donc pas uniquement les policiers. L’OFS nous a confirmé que la statistique ne différencie pas les professions. «La Conférence des commandants des polices avait pu établir que sur tous ces cas, environ 90% concernaient des policiers», informe Max Hofmann.

«Faut-il attendre qu’un collègue meure pour qu’il se passe enfin quelque chose?» demande Max Hofmann, secrétaire général de la Fédération suisse des fonctionnaires de police. Et pour cause. Les «violences contre l’autorité et les fonctionnaires» ont dépassé pour la première fois, en 2017, les 3000 cas. En l’an 2000, le chiffre se montait à 774. Et il ne concerne que les actes de violence physique.

Pour Max Hofmann, il existe sans doute «une baisse du respect envers l’autorité en général». Il exige des sanctions plus sévères en espérant un effet dissuasif: «Pour certains, la violence fait partie des risques du métier. Ce n’est pas du tout notre opinion, et nous recommandons aux agents de systématiquement dénoncer les agressions.»

Interrogé dans le cadre d’une interpellation musclée à Lausanne en novembre 2017, un porte-parole de la police municipale avait rappelé qu’en 2016, quatre plaintes avaient visé des agents. Contre 166 venant de policiers contre des tiers.

Avertir les patrons

A Berne, les revendications du syndicat trouvent bon écho. Une motion de la conseillère nationale Sylvia Flückiger-Bäni (UDC/AG) a été acceptée de justesse en mars, avec le soutien de son parti et du PDC. Elle demande notamment une notification à l’employeur pour tout jugement relatif à cette infraction. Le Conseil fédéral n’en voulait pas: «Il est difficile de comprendre pourquoi les employeurs devraient être informés par les autorités pour cette infraction en particulier.»