À la fin du mois de juin, le Conseil fédéral a décidé que les gardes-frontières, les militaires professionnels et les diplomates ne pourront plus prendre leur retraite à 60 ans. (Photo: Keystone)

Les gardes-frontières disent non à 5 ans de plus

Les employés aux douanes s’opposent au projet du Conseil fédéral d’augmenter l’âge de leur retraite à 65 ans au lieu de 60.

Les gardes-frontières suisses s’opposent au projet du Conseil fédéral qui veut augmenter l’âge auquel ils ont droit à la retraite de 60 à 65 ans. Lors de la première rencontre nationale à Olten (SO), ils ont exprimé leur mécontentement et adopté une résolution.

Près de 120 gardes-frontières ont participé à cette rencontre contre le projet du Conseil fédéral, organisée par le syndicat Garanto et l’association du personnel transfair. L’assemblée a exprimé son insatisfaction et ses inquiétudes. Aucun employé n’est disposé à travailler plus longtemps.

La majorité a décidé de se battre «sans compromis» en faveur du maintien de l’âge actuel de la retraite à 60 ans. Des actions aux frontières sont prévues pour attirer l’attention des citoyens.

Sensibiliser la population

Ne pouvant ni manifester ni faire grève, l’option de la grève du zèle a initialement été proposée. Mais travailleurs frontaliers et autres adeptes du tourisme d’achat seraient victimes d’embouteillages.

D’autres participants ont suggéré des mesures plus drastiques encore, comme bloquer le trafic aux postes-frontière. Mais selon le président central de Garanto Roland Liebi, provoquer des embouteillages ne mènerait pas à ce que la population comprenne leurs revendications.

Plutôt que des actions qui gênent les usagers, Stefan Müller-Altermatt, président de transfair et conseiller national (PDC/SO), est plutôt favorable à des manifestations qui sensibilisent la population. Selon lui, il faut lui montrer que la sécurité du pays est également concernée. L’assemblée a donc décidé à une large majorité d’entreprendre des «actions douces» aux frontières.

Risques pour la santé

Dans une résolution adressée au Conseil fédéral, les gardes-frontières définissent l’augmentation de l’âge de la retraite comme «inacceptable» et menant à une «aggravation massive des conditions de travail avec des risques accrus pour la santé et la sécurité». La résolution affirme également que le projet du Conseil fédéral franchit «une ligne rouge qui compromet sa réputation d’employeur fiable».

Les gardes-frontières soulignent dans leur texte qu’ils exercent une profession exigeante sur le plan physique et mental. Les heures de travail irrégulières, le travail de nuit ou pendant le week-end sont difficiles à récupérer.

Par ailleurs, les exigences ont augmenté dans leur travail quotidien. La résolution parle des vagues migratoires, du tourisme d’achat, du manque de coopération et de l’agressivité des usagers ainsi que d’agressions.

Pas de retraite anticipée

À la fin du mois de juin, le Conseil fédéral a décidé que les gardes-frontières, les militaires professionnels et les diplomates ne pourront plus prendre leur retraite à 60 ans. Pour eux, l’âge de la retraite ordinaire doit passer à 65 ans.

Le Conseil fédéral a chargé le Département fédéral des finances de réaliser une étude d’ici au milieu de 2018 en collaboration avec les autres départements concernés, afin de déterminer quand et à quelles conditions il sera possible d’instaurer la nouvelle réglementation pour les futurs collaborateurs. Les personnes déjà en place bénéficieront de règles transitoires, qui doivent encore être définies.

(nxp/ats)