Image: Steeve Iuncker-Gomez

Les députés ouvrent une enquête sur le fonctionnement du pénitentiaire

Politique: Une sous-commission est créée pour «examiner la problématique pénitentiaire».

La situation dans le secteur pénitentiaire préoccupe maintenant le politique. Fait rare, la Commission de contrôle de gestion a annoncé ce lundi la création d’une sous-commission «chargée d’examiner la problématique pénitentiaire». Et cela, à l’issue de l’audition, entre autres, du conseiller d’Etat chargé de la Sécurité, Pierre Maudet, prévue de longue date.

Trois députés – Nicole Valiquer Grecuccio (PS), Charles Selleger (PLR) et Christo Ivanov (UDC) – rendront un rapport au terme de leurs travaux, indique le communiqué, sans donner les raisons de la création de cette sous-commission, ni ses objectifs.

Quoi qu’il en soit, les signaux d’alerte ne manquent pas depuis des mois. Un premier audit de la Cour des comptes rendu en septembre pointait la faiblesse de la formation, un manque de culture d’entreprise et un personnel en souffrance. Le second, présenté en février, mettait au jour une pagaille dans la gestion des horaires et des indemnités. Face à ce constat, la direction générale de l’Office cantonal de la détention (OCD) comptait sur la nouvelle Loi sur l’organisation et le personnel de prison, entrée en vigueur en mars dernier, pour unifier les statuts des gardiens, uniformiser les pratiques et mieux coordonner les établissements pénitentiaires.

Entre-temps, le rapport de confiance s’est dégradé entre des gardiens de Champ-Dollon et le directeur général de l’OCD, Philippe Bertschy, entré en fonction il y a deux ans. Ses contacts conflictuels avec le directeur de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis, un pilier du pénitentiaire, ont valu à ce dernier un déplacement forcé, provoquant une vague d’indignation parmi ses troupes. La protestation des agents devant l’entrée de la prison en février vaut aujourd’hui à certains une procédure disciplinaire.

Avant cela, une dizaine de surveillants ont souhaité être entendus par la Commission de contrôle de gestion, pour dénoncer la vision technocratique de leur direction générale. La Commission des visiteurs officiels s’est également inquiétée de la situation.

La direction générale de l’OCD, dotée de plus de trente postes en équivalents plein temps, doit gérer le développement rapide des infrastructures pénitentiaires. Que se passe-t-il donc entre la tête et le corps? Des députés veulent désormais le savoir. Comment le Département de la sécurité et de l’économie réagit-il à cela? «Le DSE en prend acte et se réjouit de l’intérêt de la Commission pour le domaine pénitentiaire», indique sa chargée de communication.

Sophie Roselli (TDG)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/deputes-ouvrent-enquete-fonctionnement-penitentiaire/story/10148991