222677

Le vrai et le faux des statistiques sur la violence

Justice: L’Office fédéral de la statistique a publié les chiffres des infractions au Code pénal pour 2018. Avec 432’754 actes, la Suisse voit la criminalité reculer de 1,4% par rapport à 2017.

L’Office fédéral de la statistique a publié les chiffres des infractions au Code pénal commises l’année dernière. Avec 432’754 actes relevant du pénal, soit 79% du total des infractions dans le pays, la Suisse voit la criminalité reculer de 1,4% par rapport à 2017. Un total de 80’345 personnes a été inculpé en lien avec ces infractions.

Les actes de violence augmentent? Vrai
Les actes violents sont en augmentation de 5% à 43’773 d’une année sur l’autre. Fort heureusement, les cas de violence grave (homicides avec arme, lésions corporelles graves, etc.) sont en recul de 2% à 1425 infractions. À signaler que la hausse est liée aux actes considérés «d’intensité moyenne» par les autorités, telles les infractions avec lésions corporelles simples (sans menace pour la vie de la victime) ou les voies de fait (bousculade ne provoquant pas de blessure par exemple). Autre point noir, les actes de violence domestique ont bondi de près de 9%, avec 18’522 cas recensés. Voies de fait, injures et menaces ont pris l’ascenseur. Pour ne rien arranger, les agressions sexuelles sur les enfants ont explosé de 24% (1303 cas).

Les mineurs, des délinquants en puissance? Faux
En 2018, le nombre de mineurs ayant commis un délit est resté stable par rapport à 2017. Ils sont 8853 à avoir été impliqués au pénal. Cela tranche avec l’envolée de plus de 8% enregistrée en 2017. Si ce chiffre est dans la moyenne de ces dernières années, il est nettement plus bas que celui observé à la fin des années 2000. En 2009, près de 14’899 mineurs avaient été dénoncés à la justice. La majorité des infractions commises par les mineurs ne sont pas classées parmi les plus critiques. Il s’agit souvent de dommages à la propriété, de voies de fait, de lésions corporelles simples, de vols à l’étalage ou d’injures. Il faut cependant signaler que 2603 mineurs ont été arrêtés pour violence grave et 817 pour cambriolage.

Le nombre de viols grimpe? Vrai, mais dans la sphère domestique uniquement
Avec 626 cas, contre 619 en 2017, les viols sont en légère augmentation l’année dernière. La progression est très forte depuis 5 ans. En 2014, 514 viols avaient été dénoncés, soit près de 20% de moins qu’aujourd’hui. L’envolée de ces dernières années est largement liée aux viols commis dans la sphère domestique, qui concerne par ailleurs aussi bien les couples mariés que séparés. Dans cette catégorie «domestique», 246 viols ont été dénoncés l’année dernière, contre 180 en 2014. À noter que près de 7500 infractions contre l’intégrité sexuelle au sens large ont été dénoncées en 2018, soit une hausse de près de 8%. Cela regroupe aussi bien les infractions de pornographie, que les actes d’ordre sexuel avec des enfants et l’exhibitionnisme.

Les étrangers, ces criminels? Faux
La situation est stable sur ce front. Un peu moins de 40% des personnes commettant un délit ne possèdent pas le passeport suisse. On note cependant un léger recul du nombre d’étrangers venant en Suisse dans le but de commettre un délit, sans y résider. Cette catégorie comptait 12’994 prévenus en 2018, ce qui signifie un recul de 0,6% d’une année sur l’autre. À l’inverse, le nombre de Suisses (38’596) augmente de 3,2%, tout comme le nombre de prévenus étrangers résidant dans le pays (25’148), qui avance de 4%. Du côté des prévenus ayant demandé l’asile, leur nombre stagne (3607).

La ville, plus criminogène que la campagne? Vrai
S’agissant des infractions au Code pénal, les fréquences* les plus élevées se retrouvent dans les cantons-villes ou frontières: Bâle-Ville avec 106,3* (2017: 113,5), suivi de Genève avec 100,3 (2017: 102,8), Vaud avec 61,5 (2017: 64,8) et Zurich avec 60,3 (2017: 59,7). Comme ces dernières années, les petits cantons ruraux se retrouvent avec les valeurs les plus basses: Appenzell Rhodes-Intérieures (21), Uri (20,5) ou Glaris (24,8). Les cantons frontières sensibles à la délinquance transfrontalière demeurent particulièrement touchés. (TDG)