Me Jacques Roulet, avocat des syndicats policiers.

Le score serré de la loi sur la police attire les regards

Les soupçons de fraude qui pèsent depuis ce jeudi matin sur «plusieurs opérations électorales», selon les termes du Ministère public, poussent forcément à poser un regard sur la votation de mars 2015 sur la Loi sur la police. Celle-ci avait été acceptée par 54 voix d’écart, un score historiquement serré. Les syndicats policiers, qui avaient vivement combattu ce texte, se disent aujourd’hui en alerte.

«Nous ne pouvons bien sûr pas nous prononcer sur une enquête en cours, réagit Frédéric Mulmann, le président du Syndicat de la police judiciaire (SPJ). Mais si les faits sont confirmés, je suis extrêmement inquiet. D’une manière générale, il s’agirait d’une atteinte grave à la démocratie. Nous sommes très attentifs. Et si cela devait toucher de près ou de loin la Loi sur la police, le SPJ ferait son maximum pour que la lumière soit faite.»

Me Jacques Roulet, qui représente l’Union du personnel du corps de police (UPCP), suit également l’affaire de près. Il indique cependant ne prévoir aucune action dans l’immédiat. «Nous avons peu communiqué, mais, en novembre, nous avions déjà déposé deux demandes de révision de ce scrutin, à la suite d’une première instruction pénale ouverte pour fraude électorale (ndlr: il s’agit de celle visant une ex-candidate de Genève en Marche, une procédure récemment classée, en grande partie). L’une au Tribunal fédéral, l’autre à la Chambre constitutionnelle. Et nous avions déposé une demande de reconsidération du vote au Conseil d’Etat. Celui-ci avait jugé notre demande recevable, mais avait déclaré qu’elle relevait du pénal. Nous attendons donc de voir ce qui va se passer au niveau du Ministère public. Nous n’avons pas besoin de procéder à de nouveaux actes.»

Rien n’indique, cependant, que les deux procédures pénales, l’une récemment close, l’autre récemment ouverte, aient un lien l’une avec l’autre.

(20 Minutes)