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Le nombre de policiers blessés a triplé en trois ans !

Ce pic n’alarme pas l’état-major, à l’inverse du syndicat UPCP qui ne souhaite pas minimiser ces chiffres.

Plus 183%! C’est la hausse enregistrée en seulement trois ans du nombre de policiers genevois blessés en service. De 30 par an en 2012 et 2013 (ndlr: les chiffres pour 2014 ne sont pas disponibles), ils étaient 85 l’an dernier, dont 15 ayant «subi des lésions importantes», rapporte 20 minutes. Ce chiffre prend en compte les blessures infligées volontairement par des auteurs d’infractions. Il s’agit majoritairement de fractures aux mains et aux doigts causées lors d’interpellations.

Si l’état-major de la police genevoise reconnaît ne pouvoir expliquer cette hausse des blessures, il ne s’alarme toutefois pas. «Il s’agit de petits volumes, rapportés au nombre d’arrestations ou de contrôles par exemple (ndlr: la police a mené 82 000 réquisitions), donc leur fluctuation, même importante, est relative», explique au quotidien gratuit le service de presse. Ce dernier précise à ce propos que le degré de gravité des lésions à déclarer n’a pas été abaissé entre 2013 et 2015.

Policiers pas tous égaux

Du côté du syndicat UPCP, le son de cloche est différent. Son président, Marc Baudat, estime que ces chiffres méritent «un peu plus de considération». S’il ne constate pas d’accroissement de la violence à l’encontre des agents, il évoque en revanche une possible volonté de mieux rapporter leurs blessures dans le but, probablement, de faire reconnaître la pénibilité de leur tâche. Le syndicaliste rappelle par ailleurs que tous les agents ne sont pas égaux face aux blessures. Sur les quelque 1400 policiers genevois, «les 300 agents de police secours sont plus vulnérables puisqu’ils sont au front», précise Marc Baudat.

Le porte-parole de la police, Sylvain Guillaume-Gentil, rappelle les mesures qui accompagnent un policier blessé. Celui-ci est pris en charge par une cellule sociale qui s’assure de tout ce dont il a besoin dans les cadres privé et professionnel. Il peut également bénéficier d’un soutien psychologique. Si l’agent est incapable, momentanément ou plus durablement, d’assurer une tâche de terrain, il est alors affecté à un travail administratif ou à la centrale d’appel, le temps de se remettre.

Enfin, l’organe de médiation de la police, lancé en mai dernier, indique pour sa part ne ressentir aucune tension particulière de la part de la population vis-à-vis des policiers. (TDG)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/nombre-policiers-blesses-triple-trois-ans/story/29031570