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L’achat d’épées d’apparat passe mal

L’achat d’épées d’apparat passe mal

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Mercredi 19 avril 2017 – Rachad Armanios (Le Courrier)

La police s’apprête à acquérir une vingtaine d’épées d’apparat afin de renouveler son stock. Elles seront distribuées au gré des nominations des officiers supérieurs à qui elles sont destinées et gravées à leurs initiales. Ces épées complètent la «grande tenue», historique, qui comprend notamment un bicorne et que les officiers revêtent lors de cérémonies comme l’assermentation d’agents ou à l’Escalade. Achetées par lot, elles coûtent 700 francs pièce.

Dans un tract, le Syndicat des services publics critique cette dépense. Elle est «inutile et choquante sur le principe alors que le Conseil d’Etat impose des économies à la fonction publique», précise la syndicaliste Sabine Furrer. Elle remarque que les épées, personnalisées, doivent être achetées pour tout nouvel officier. Vice-président de l’Union du personnel du corps de police, Sébastien Glauser se dit «hors de lui». «On nous impose de nous serrer la ceinture, mais la hiérarchie, elle, ne s’embarrasse pas de dépenses farfelues, c’est inadmissible!»

Une tradition qui date XIXe siècle

Porte-parole de la police, Jean-Philippe Brandt défend une «tradition datant du XIXe siècle qui véhicule des valeurs. L’épée est un symbole de commandement, l’offrir à un officier est une forme de reconnaissance de ses nouvelles responsabilités et revêt un caractère honorifique.» La police a fait des efforts d’économies, notamment en adoptant un uniforme commun aux polices romandes, ajoute-t-il. En outre, «chaque policier recevait encore il y a trois-quatre ans la tenue d’apparat qu’il n’utilisait que pour la cérémonie d’assermentation. Depuis, nous disposons d’un stock de tenues qui leur sont seulement prêtées.» Au vu des 8 milliards du budget de l’Etat, le policier ne considère pas que les épées d’apparat soient une source d’économies. Une trentaine de personnes sont concernées, des premiers lieutenants à la cheffe de la police.