L'avenir des retraites des policiers et des gardiens de prison fait débat.
Image: Laurent Guiraud

La police se trouve des défenseurs aux deux extrémités du spectre politique

Référendum: Ensemble à gauche et le MCG veulent faire voter le peuple sur les retraites des forces de l’ordre.

Acceptée le 12 octobre par le Grand Conseil, la réforme de la retraite des policiers et des gardiens de prison sera peut-être soumise au peuple. Ensemble à gauche et le MCG ont annoncé mardi leur volonté de la combattre par référendum. Les deux formations vont chacune tenter de récolter suffisamment de signatures ces 40 prochains jours pour provoquer un scrutin populaire.

Dans le détail, une majorité composée de la droite et des Verts a accepté une proposition du Conseil d’Etat: désormais, quand un policier monte en grade et voit son salaire grimper en conséquence, il devra lui-même rattraper l’écart avec le niveau des cotisations qu’il aurait dû payer auparavant pour justifier que sa pension de retraite soit fonction de son dernier salaire. Jusqu’ici, ce rattrapage était assumé par l’employeur. Pour la majorité, la nouvelle donne se justifie par des motifs d’équité. Actuellement, «un gendarme est traité de façon distincte d’une infirmière, alors que rien ne le justifie», a ainsi écrit le député PLR Cyril Aellen dans son rapport parlementaire.

Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. «Nous ne voulons pas voir la police isolément, argue Jean Batou, d’Ensemble à gauche. Nous situons cette affaire dans la défense de la fonction publique et des prestations. Et cela alors que le Conseil d’Etat va s’en prendre à d’autres métiers afin de réaliser des économies pour faire passer sa nouvelle version de la réforme de l’imposition des entreprises.» La police n’a-t-elle pas été spécialement gâtée jusqu’ici du point de vue des retraites? «Sa caisse est certes bien capitalisée, répond l’élu. Mais les policiers ont beaucoup perdu ces dernières années et leur carrière a des spécificités avec ses promotions à des grades supérieurs.»

«Cette réforme risque de dissuader un policier de monter en grade s’il n’a pas les moyens de payer le rattrapage, renchérit la présidente du MCG, Ana Roch. Or l’évolution des grades est programmée dans ce type de carrière, à la différence des autres métiers de la fonction publique.»

Le syndicat UPCP incitera ses membres à signer et faire signer l’un ou l’autre référendum. «On constate que la police est soutenue en ces temps difficiles», se félicite son président, Marc Baudat.

Les socialistes ont eux aussi voté contre la réforme au Grand Conseil. Leur comité directeur a décidé lundi de soutenir le référendum d’Ensemble à Gauche.

(TDG)