lieutenant-colonel Christian Cudré-Mauroux commandant de la gendarmerie

Il réintègre la police mais n’a toujours pas de poste

Emeutes du 19 décembre 2015: Christian Cudré-Mauroux a gagné en justice face à l’Etat en juin. Pourtant, il n’a toujours pas été réaffecté à un poste.

Le chef des opérations de la police dégradé après les émeutes du 19 décembre 2015 par le Conseil d’Etat, mais blanchi par la justice, a réintégré ce vendredi la police. Il l’a écrit sobrement sur son mur Facebook en comptant les 578 jours d’absence. Le hic, c’est qu’il n’a pas encore de poste…

«Christian Cudré-Mauroux est retourné travailler à la police le 1er septembre, mais aucun poste ne lui a été attribué», confirme son avocat, Me Eric Maugué. Après une enquête administrative sévère, le Conseil d’Etat avait dégradé le spécialiste du maintien de l’ordre et l’avait déplacé à l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires. Mais l’intéressé avait recouru et gagné en justice. La Chambre administrative a conclu en juin qu’il n’avait pas enfreint ses devoirs de service. Il reprend ainsi son grade de lieutenant-colonel.

«A ce grade, il n’y a que deux postes possibles à la police, relève Me Maugué. Celui de chef d’état-major, déjà occupé, et celui de chef des opérations, ad interim depuis le début de l’affaire. Christian Cudré-Mauroux demande donc à retrouver cette fonction. Si l’on devait lui attribuer un poste subalterne, cela constituerait une forme de sanction déguisée.»

Après un an et demi de bataille judiciaire, le retour de cette figure de la police n’est pas simple. Qu’est-ce qui coince? Pas de commentaire du Département de la sécurité et de l’économie (DSE), pour qui cette question relève de la compétence de la commandante. A la police, le porte-parole Jean-Philippe Brandt indique que «des pourparlers sont en cours entre Christian Cudré-Mauroux et la commandante pour définir sa nouvelle activité». (TDG)