(Photo: Georges Cabrera)

Enquêtes qui patinent et malaise chez les policiers

Les vols sous la menace à la sortie de l’Usine: irrésolus. Les arrachages de sacs à Perly: longtemps irrésolus. Ces séries qui se sont étirées sur plusieurs semaines ont peiné à être ou ne sont pas élucidées car elles auraient été mal traitées dès leur origine, analyse le syndicat de la police judiciaire (SPJ). Et de mettre en cause la nouvelle (entrée en vigueur depuis 2016 quand même) et honnie Loi sur la police. «Le service PolProx (lire l’encadré), qui paraît toujours à la recherche de ses prérogatives, prend certaines enquêtes sous son aile alors qu’elles sont de la compétence de la police judiciaire», affirment Frédéric Mulmann et Mike Berker, président et vice-président du SPJ.

Inspecteurs noyés sous le «petit judiciaire»

Bref, les hommes de PolProx, issus de feu la gendarmerie, qui ne disposent «ni de la formation, ni des moyens techniques pour mener des enquêtes délicates», se retrouveraient en proie à des dossiers qui les dépassent. Comme, justement, ceux de Perly et de l’Usine. A contrario, déplore vivement Frédéric Mulmann, les inspecteurs de la PJ se retrouvent noyés sous le «petit judiciaire: fermetures de cercueil, infractions à la loi sur l’AVS ou le chômage, suivi judiciaire lors d’événements sportifs, protection lors de sommets internationaux.»

Ainsi, des inspecteurs rompus aux enquêtes n’enquêteraient pas, alors que les policiers affectés à ces affaires manquent des connaissances procédurales et de moyens pour les résoudre. «Il ne s’agit pas du tout de dénigrer les collègues, affirme Mike Berker, juste de reconnaître que la police est composée de plusieurs métiers différents avec des compétences spécifiques.» Et la LPol dans tout ça? En postulant l’interchangeabilité des policiers, «elle induit un manque de cohérence entre les services. Qui fait quoi et quand? Attention, il ne s’agit nullement d’une guerre entre collègues, mais plutôt d’un combat de chefs qui cherchent à justifier l’existence de leurs services.»

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