Christian Cudré-Mauroux (UPCP)

Christian Cudré-Mauroux réintégrera bientôt la police

Genève: Le Conseil d’Etat ne va pas recourir contre l’arrêt de la Chambre administrative.

Fustigé, dégradé, puis blanchi et bientôt réintégré. Désigné par le Conseil d’Etat comme responsable de la mauvaise gestion de la manifestation du 19 décembre 2015, Christian Cudré-Mauroux va retrouver les rangs de la police genevoise. Comme nous l’avons appris, le Conseil d’Etat ne fera pas recours contre la décision de justice qui a blanchi l’ancien chef des opérations de la police.

Le Département de la sécurité et de l’économie (DSE) confirme avoir «proposé au Conseil d’Etat de ne pas recourir contre l’arrêt de la Chambre administrative de la Cour de justice du 6 juin 2017; celui-ci entrera donc en force dans le courant du mois d’août. Après discussion avec lui, Monsieur Cudré-Mauroux sera réintégré à la police dans le courant de l’été, dans une fonction qui sera déterminée au niveau de la hiérarchie opérationnelle.»

Réagissant à cette annonce, l’avocat du haut fonctionnaire, actuellement affecté à l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires, Me Eric Maugué, déclare: «Nous prenons note avec satisfaction du fait que le DSE invite le Conseil d’Etat à ne pas faire recours ainsi que de la réintégration de M. Cudré-Mauroux au sein de la police. Nous réservons notre position par rapport à la fonction qui lui sera réattribuée.» Car ce point reste à clarifier. Depuis le début de l’affaire, l’intéressé demande à retrouver son poste de chef des opérations.

Pour rappel, le 22 juin 2016, le Conseil d’Etat avait sanctionné Christian Cudré-Mauroux, alors chef des opérations de la police, en le dégradant de lieutenant-colonel à major pour une période de quatre ans, avec réduction de son traitement. Et ce, en raison de sa gestion de la manifestation sauvage du 19 décembre 2015, au cours de laquelle le Grand Théâtre avait été souillé par de la peinture et de l’huile de vidange.

S’appuyant sur une enquête administrative, le Conseil d’Etat lui reprochait d’avoir mal évalué l’importance de certains renseignements fournis par ses services et d’avoir engagé un nombre insuffisant de policiers pour encadrer la manifestation. Mais aussi d’avoir maintenu, après les événements, une version erronée des éléments en sa possession.

Contestant ces accusations, Christian Cudré-Mauroux avait saisi la Chambre administrative de la Cour de justice. Cette dernière avait statué en sa faveur le 6 juin 2017. Jugeant que le chef des opérations «n’avait pas enfreint ses devoirs de service» malgré des «omissions», elle avait annulé l’arrêté du Conseil d’Etat du 22 juin 2016. Les autorités cantonales avaient jusqu’à la mi-août pour faire recours. Ce ne sera pas le cas. (TDG)

Article TdG