Col. Monica Bonfanti, commandante de la police

Monica Bonfanti: «Les symboles du métier de policier ont été bafoués»

Une série d’enquêtes pénales impliquant des policiers genevois révèle de sérieux problèmes de comportement. Les forces de l’ordre ont reçu un message de la hiérarchie rappelant le devoir d’exemplarité. Entretien avec la commandante de la police genevoise.

Les policiers genevois ont-ils perdu leur boussole morale? Les affaires qui défrayent la chronique depuis une dizaine de jours rappellent une époque mouvementée que l’on croyait révolue.

Il y a d’abord ces trois gendarmes, surnommés à l’interne «les botanistes du poste de Blandonnet», qui ont emporté, après leur service et quelques verres, plusieurs plants de cannabis se trouvant dans le local des pièces à conviction. Aperçus et dénoncés, ils ont ramené le butin et ont été suspendus.

Plus délicat, le cas du numéro deux de la police judiciaire, désormais libéré de son obligation de travailler, à qui il est reproché d’avoir joué au médiateur trop pressant dans un conflit opposant une amie tenancière de bar à son employée au sujet d’un bijou. Le haut gradé aurait ensuite passé un coup de fil pour prévenir la première que la seconde venait porter plainte contre elle pour avoir abusé de sa situation de sans-papiers.

Enfin, pour couronner cette série, un gendarme, suspecté d’avoir dérobé une montre de luxe au Salon international de la haute horlogerie alors qu’il était entré en faisant croire qu’il opérait une filature en civil, se retrouve en prison. Il conteste le vol et la montre n’a pas été retrouvée. Sa détention provisoire a été prolongée pour une durée de 15 jours.

Sans préjuger de leur issue sur le plan pénal, ces dossiers dénotent à tout le moins de sérieux problèmes de comportement. Entretien avec la commandante de la police, Monica Bonfanti.

Le Temps: Cette série noire reflète-t-elle un relâchement et une perte de repères chez les policiers?

Monica Bonfanti: Cette succession de cas m’a bien évidemment inquiétée.… Lire la suite...

Photo: Keystone

L’EX-DIRECTEUR DE CHAMP-DOLLON ENTRE À LA POLICE GENEVOISE

Constantin Franziskakis, qui a été instituteur par le passé, va devenir commissaire de police.

L’ancien directeur de la prison de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis, va devenir commissaire de la police genevoise, dès le 1er février. Une formation spécifique de plusieurs mois suivra sa désignation en tant que commissaire de police, soumise elle-même à évaluation.

«L’engagement d’officiers hors du corps de police a toujours eu lieu et était même ancré dans l’ancienne loi sur la police. Plusieurs hauts cadres sont actuellement issus de l’extérieur de même que des policiers», déclare un avocat pénaliste de la place.

Destin atypique que celui de cet homme au nom qui sent bon la Grèce, né en 1963, titulaire du certificat d’études pédagogiques, du brevet d’aptitude à l’enseignement primaire et d’une licence en sciences de l’éducation obtenue à l’Université de Genève.

«C’est un homme fait pour l’opérationnel», souligne encore le pénaliste. Constantin Franziskakis a été instituteur, maître principal, éducateur. Son destin bascule il y a vingt ans lorsqu’il est nommé directeur adjoint du service du patronage, puis, un an plus tard, directeur. Il «entre en prison» en l’an 2000.

L’homme a laissé son empreinte à la prison de Champ-Dollon où il officie comme directeur plusieurs années. Mais l’an dernier à la même période, au grand regret des agents de détention d’ailleurs, il quitte la direction du plus grand établissement de détention préventive de Suisse romande suite à un conflit avec l’Office cantonal de la détention. Il rejoint dès lors le secrétariat général du département de sécurité et de l’économie où il a pour mission, notamment, de plancher sur l’avenir de la sociothérapie, de la prise en charge des détenus radicalisés et de l’organisation des Etats-généraux de la détention il y a quelques semaines.

Mission accomplie! Avec ce bagage, cette formation pluridisciplinaire, le quiquagénaire a postulé à une place vacante à la police genevoise: celle de commissaire, sous la direction du Major Claude Bettex.… Lire la suite...

La police genevoise a dû intervenir en force (image: Laurent Guiraud, TdG)

Plus d’une centaine d’interpellés après une manifestation sauvage à Genève

L’année « commence fort » pour la police genevoise qui a dû intervenir pour évacuer une manifestation sauvage dans un magasin en rénovation à Genève. Ciblés par des bouteilles, les fonctionnaires ont interpellé des dizaines de personnes.

« Entre 80 et 100 manifestants » sont entrés vers 01h00 dans cet immeuble en travaux, a précisé lundi un porte-parole de la police genevoise, Jean-Claude Cantiello. Avec une trentaine de leurs complices à l’extérieur, ils ont accueilli les policiers par des jets de bouteilles.

Le propriétaire de l’immeuble ayant déposé plainte pour violation de domicile, ce sont 116 personnes qui ont été interpellées, dont 43 ont fait l’objet de contrôles approfondis dans les locaux de la police.

Jets d’eau pour disperser les manifestants

« Nous avons dû les repousser », notamment par le recours à des jets d’eau, ajoute le porte-parole. Les investigations doivent désormais préciser les motivations de ces individus dont le profil n’est pas connu.

Le Ministère public devra décider d’éventuelles poursuites contre ces personnes.

ats/ebz

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Image: Urgences Genève

Un policier en excès de vitesse voit sa condamnation confirmée

Genève: Flashé alors qu’il traquait des malfrats, l’inspecteur s’apprête à recourir contre la décision du tribunal.

C’est en vain qu’il aura contesté sa sanction. Selon la RTS, le tribunal de police a confirmé l’ordonnance pénale qui a puni un policier genevois flashé en excès de vitesse alors qu’il poursuivait des malfrats.

Durant la nuit du 11 novembre 2015, cet inspecteur avait été flashé à 92 km/h sur un tronçon limité à 50 km/h de la route du Camp. Il intervenait à la suite d’un vol à l’explosif perpétré à la succursale de Plan-les-Ouates de la Banque cantonale de Genève. Il roulait sans sirène, mais avec les feux bleus enclenchés.

Le tribunal a confirmé la peine de 120 heures de travail d’intérêt général avec sursis (assortie d’un délai d’épreuve de trois ans et d’une amende d’un peu plus de mille francs) infligée en février par voie d’ordonnance, indique la radio publique. Pour les juges, la vitesse très élevée et l’absence de signal sonore a suscité «la mise en danger accrue d’un nombre de personnes indéterminé».

Selon la RTS, l’avocat du policier, Me Jacques Roulet, s’apprête à recourir contre ce jugement. Il déplore un message négatif envers les policiers et incitatif à l’égard des malfaiteurs.… Lire la suite...

Le conseiller d'Etat Pierre Maudet lors de la prestation de serment de l'école de police. (photo d'archives)
Image: Laurent Guiraud

La police et Pierre Maudet « enterrent » la hache de guerre

Rémunération: La police judiciaire a accepté l’accord, remanié, proposé par le Conseil d’État. Il porte sur le salaire, les débours et l’assurance-maladie.

«C’est un bon accord compte tenu du contexte économique et social.» Le commentaire de Marc Baudat, président de l’Union du personnel du corps de police (UPCP), sera lu avec délectation par Pierre Maudet, le conseiller d’État responsable de la Sécurité. Après des mois de négociations difficiles, dont un clash survenu le 12 décembre avec le Syndicat de la police judiciaire, la ratification du protocole, mardi matin, est du pain bénit pour le magistrat libéral-radical à la veille des élections cantonales.

L’accord concerne trois points extrêmement sensibles de la rémunération des policiers. Tout d’abord, le Conseil d’État fait une concession importante en alignant à la hausse tous les policiers dans une classe identique. La police judiciaire avait vécu comme une humiliation le fait d’être rétrogradée au niveau des autres policiers. Elle retrouvera sa classe antérieure, qui sera aussi celle de tous les autres policiers. Il en coûtera environ 800 000 francs de plus par an à l’État.

Des économies malgré tout

Il serait toutefois faux de croire que l’opération globale coûtera au Canton. La division par deux des débours forfaitaires accordés aux policiers permettra en effet d’économiser 2,4 millions de francs annuellement. «Nous avons pu vérifier que les forfaits accordés étaient dans certains cas bien supérieurs aux frais réels des policiers», commente Pierre Maudet.

Seconde économie, un peu plus diluée dans le temps: la participation de l’État à la prime d’assurance-maladie. Dès janvier 2019, elle ne sera plus payée intégralement, mais sur la base d’une compensation forfaitaire calquée sur la prime cantonale moyenne (583,30 francs en 2018). De plus, les nouveaux collaborateurs ne bénéficieront plus de cette aide.

Enfin, un arrangement a été trouvé concernant les frais de justice liés aux 300 recours déposés par des membres de la police judiciaire contre leur déclassement (des procédures désormais vidées de leur sens).… Lire la suite...

(De g. à d.) Julien Semperboni, Secrétaire Général de l'UPCP, François Longchamp, Président du Conseil d'Etat, Pierre Maudet, Président du DSE, Marc Baudat, Président de l'UPCP et Sébastien Glauser, Vice-Président de l'UPCP (Photo: FB P.Maudet)

Accord historique entre les Syndicats de policiers et le Conseil d’Etat

L’accord a été signé ce matin entre le Conseil d’Etat et les deux syndicats de policiers, au terme de huit mois de négociations acharnées. C’est le signe clair d’une volonté commune de trouver des solutions équitables socialement et équilibrées financièrement. C’est aussi la reconnaisse de la fonction – unique – du policier, consacrée par la Loi sur la Police. C’est enfin l’occasion d’apaiser durablement des relations tumultueuses et de passer à une ère plus constructive. Car nous poursuivons le même but: la sécurité de tous les Genevois. (FB: Pierre Maudet)

Les primes d’assurance maladie des policiers ne seront plus prises en charge par l’Etat dès 2019. Le gouvernement genevois a annoncé mardi avoir trouvé un accord avec les syndicats de la police pour mettre fin à cette particularité.

Pour éviter une trop grande perte de pouvoir d’achat, les policiers actuellement au bénéfice de cette aide recevront, à partir de janvier 2019, une compensation individuelle mensuelle forfaitaire calquée sur la prime moyenne de l’assurance maladie de base à Genève, soit 583,30 francs.

En revanche, les nouveaux arrivants dans la police n’auront rien. L’accord qui a été passé entre le Conseil d’Etat genevois et les syndicats de la police est l’aboutissement de plusieurs mois de négociations. Outre les primes d’assurance maladie, il porte aussi sur les débours et les classes de fonctions dans la police.

Une seule classe

Il a ainsi été convenu de regrouper dans une classe identique tous les policiers d’une même fonction. L’alignement a été opéré à la hausse «pour faire suite aux revendications des syndicats», a relevé le gouvernement genevois. Il n’y aura plus de différence de classes à l’engagement entre la gendarmerie et la police judiciaire.

Concernant les débours, il est apparu que le débours forfaitaire payé dans certaines brigades ne correspondait plus aux frais effectifs, a relevé le Conseil d’Etat dans son communiqué.… Lire la suite...

Une arrestation par la police judiciaire (photo d'illustration)
Image: Laurent Guiraud

Pourquoi les inspecteurs refusent l’accord de l’État

Police: Les deux syndicats de police sont divisés après sept mois de négociations avec le Conseil d’État.

Les sept mois de négociations entre les syndicats de police et le Conseil d’État pourraient bien se terminer par un échec. Le Syndicat de la police judiciaire (SPJ) a refusé mardi un protocole d’accord portant sur le traitement des policiers, tandis que l’Union du personnel du corps de police (UPCP) l’a accepté.

Une série de décisions prises par le Conseil d’État touchant à la rémunération globale des policiers avait déclenché durant des mois leur colère. Le Conseil d’État avait finalement lancé des négociations en mai. Celles-ci ont porté sur trois points: le déclassement des inspecteurs, lesquels ont déposé en masse des recours; la suppression du système de frais avancés par forfait pour les inspecteurs et les gendarmes, remplacé par celui des factures; et la fin programmée de la prise en charge de l’assurance maladie. Après d’intenses pourparlers, le Conseil d’État est revenu en arrière sur le déclassement, en alignant les gendarmes au même niveau que les inspecteurs. Il veut supprimer la prise en charge de l’assurance maladie, en prévoyant une compensation, mais pas pour les futurs policiers. Quant aux débours, ils restent forfaitaires mais baissent de 50%.

«Nous avons fait plusieurs concessions significatives, sur la LAMal et sur les débours, estime Michael Berker, membre du comité du SPJ. Le Conseil d’État ne nous fait pas de cadeau en nous rendant la classe de salaire qu’il nous a arrachée. Il reconnaît implicitement nous avoir déclassés injustement. Étant donné qu’il avait pris une décision arbitraire, nous souhaitions que l’employeur participe aux frais concernant les 280 recours déposés.» Ce qu’il a refusé. «Nous avons donc proposé de nous en remettre à une décision de justice concernant ces dépens. Là encore, le Conseil d’État a refusé.» C’est pour cette raison que les inspecteurs ont rejeté le protocole.… Lire la suite...

Olivier Jornot, procureur général

Olivier Jornot veut que les policiers roulent au pas

Courses d’urgence À quelle vitesse peut circuler un inspecteur en cas d’urgence? Le procureur général tente de limiter les élans. Policier jugé.

À quelle vitesse un policier peut-il conduire en cas d’urgence? C’est tout l’enjeu du procès qui s’est déroulé, mercredi, devant le Tribunal de police. Appelé par la centrale d’engagement dans la nuit du 11 novembre 2015, un inspecteur de police a roulé à 92 km/h pour intervenir lors d’un vol à l’explosif à la succursale de la BCGE de Plan-les-Ouates

Or le procureur général, Olivier Jornot, considère que cette vitesse était trop élevée sur ce tronçon de la route du Camp limité à 50 km/h. Le policier n’aurait pas dû dépasser les 80 km/h. Et même aller plus lentement – pas plus de 70 km/h – car sa collègue avait arrêté la sirène du véhicule. Dans son raisonnement, le procureur général se base sur des barèmes qu’il a lui-même transmis à la police. Ces barèmes reflètent sa manière d’interpréter la loi. Et sur cette base, il considère que le prévenu a commis une infraction grave à la LCR. Il requiert à son encontre 120 heures de travail d’intérêt général avec sursis.

Appelé à la barre des témoins, un commissaire, supérieur hiérarchique de l’inspecteur accusé, ne cache pas sa colère et son incompréhension. Il souligne que les explosions de bancomats à l’aide de bonbonnes de gaz ont augmenté ces dernières années, qu’elles sont menées par des malfrats dangereux et lourdement armés. Pour les interpeller et pour sauver des vies, la police doit agir vite. Mais lorsqu’on arrive sur les lieux du crime, il faut parfois arrêter les sirènes pour ne pas devenir soi-même une cible ou faire fuir les criminels. Le commissaire est choqué que son subordonné se retrouve sur le banc des accusés: «Si nous ne pouvons plus intervenir en urgence, nous devenons des huissiers de justice, juste bons à constater ce qui s’est passé après coup.»

Trop limiter la vitesse des policiers lors d’une mission d’urgence donnerait un message catastrophique aux criminels, souligne-t-il: «Ils sauront qu’ils ont le temps d’agir.… Lire la suite...

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Les Dents de l’Etat

– dès 15h : Grève dans tous les secteurs!

– 16h : Assemblée du personnel au Palladium

– 17h30: Manifestation  depuis le Palladium

Parcours : Stand – Marché – Verdaine – Bourg-de-Four – Hôtel-de-Ville

Venez nombreux !

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Le conseiller d'Etat PLR Pierre Maudet est dans le viseur des référendaires. (Martial Trezzini)

Plus de 7100 signatures pour les référendums « anti-Maudet » à Genève

Les deux référendums lancés par Ensemble à gauche et le MCG contre une dégradation du statut des policiers et des gardiens de prison ont été déposés mercredi munis de 7105 signatures. La politique de Pierre Maudet est aussi critiquée.

« C’est aussi un référendum ‘anti-Maudet’, contre sa manière autoritaire et antidémocratique de faire de la politique », a déclaré Pablo Cruchon, d’Ensemble à gauche. La votation devrait avoir lieu en juin 2018.

Les référendaires critiquent l’absence de concertation du magistrat lors de la modification de la loi sur la Caisse de prévoyance des fonctionnaires de police et des établissements pénitentiaires (LCPFP), adoptée par le Grand Conseil en octobre.

Respect des policiers

Cette modification voulue par l’exécutif supprime le paiement par l’Etat du rattrapage des cotisations lors des hausses de salaire. Il s’agit de faire respecter l’égalité de traitement avec les autres collaborateurs de l’Etat, affiliés à une autre caisse.

Pour les référendaires, cette particularité doit être maintenue. Le MCG estime qu’il en va de la défense d’une police forte et du respect des policiers et du personnel du service pénitentiaire, a indiqué le député François Baertschi.

ats/dk

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