Une arrestation par la police judiciaire (photo d'illustration)
Image: Laurent Guiraud

L’UDC tente d’enfoncer un coin dans la nouvelle Loi sur la police

Politique: L’UDC dépose un projet sur la police judiciaire pendant que les autres partis décochent des volées de questions au Département.

Le débat sur l’organisation de la police, anesthésié par l’adoption d’une nouvelle loi en 2015, va-t-il revenir au premier plan? Indice de tension ou de lobbying réussi, quinze questions ont été déposées par différents partis au cours de la dernière session. Et un projet de loi UDC vient aussi d’arriver sur la table.

Déposé par Patrick Lussi, il propose d’inscrire la police judiciaire parmi les catégories de personnel mentionné dans la loi, au côté des policiers, des assistants de sécurité publique et du personnel administratif. Un changement anecdotique? Pas pour le député. Il estime qu’il faut «revenir sur le nivellement par le bas», imposé par la loi Maudet de 2015. Il attaque en particulier la formation unique des agents quelle que soit leur fonction future qui se fait depuis 2016 à Savatan pour toute la Suisse romande. Il accuse: «La police peine à trouver des candidats. L’instauration d’une école unique coûte de l’argent et du temps, et des lacunes importantes en termes de formation sont déjà observées.» Selon lui, une des victimes principales de cette formation serait la police judiciaire. Or ce corps, dont le travail est sensible, puisque ses membres «enquêtent sur les délits les plus graves», nécessiterait au contraire une formation initiale spéciale. En inscrivant spécifiquement les agents de la PJ parmi les membres du personnel de la police, Patrick Lussi pense leur ouvrir la porte à la mise sur pied d’une formation spécifique. Il avance aussi en direction d’une autre problématique qui n’est pas mentionnée, mais sous-jacente: celle du niveau de salaire.

Selon le syndicat de la PJ, la Loi sur la police a unifié les salaires des policiers, à la baisse pour ce qui concerne ses membres.… Lire la suite...

Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout
le canton de Genève.

Les députés s’inquiètent pour la police

Genève Des élus au Grand Conseil s’interrogent sur «l’état de santé» de la corporation. La commission du personnel de la police, elle, dénonce. Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout le canton de Genève.

«Mais comment va la police genevoise?» C’est le titre de l’une des questions écrites urgentes, déposées lors de la dernière séance du Grand Conseil genevois. Signée par le député Jean Batou (Ensemble à gauche), cette question est à la fois simple et compliquée. Une certitude: l’état de santé de la corporation semble inquiéter les parlementaires. Huit d’entre eux issus de cinq groupes politiques (sauf le PLR et le PDC) ont déposé quinze questions en tout. Les sujets d’interrogation? Ils se recoupent, allant du coût de la formation à l’École de police de Savatan (VS) et de son surcoût pour Genève, à la «militarisation» de la corporation, en passant par les résultats d’un test sur le métier ou l’attractivité des grades.

Boris Calame, député Vert, parle de «malaise au sein de la police judiciaire»: «C’est effrayant de constater le pourrissement de cette situation où le relationnel entre l’employeur et ses employés est devenu inexistant. La confiance semble bel et bien rompue. (…)» On l’aura compris entre les lignes, c’est le magistrat PLR Pierre Maudet qui se trouve en ce moment dans le viseur des députés, lui qui a porté à bout de bras cette nouvelle loi sur la police votée en 2015 et qui, selon le MCG François Baertschi, «fait de gros dégâts avec son système en silos». Ancien policier, Patrick Lussi (UDC) enfonce le clou, évoquant «les dysfonctionnements induits par la nouvelle loi».

Parmi ces «dysfonctionnements», des réquisitions au 117 qui ne peuvent pas être assurées – entre 10 et 15 par jour –, surtout la nuit (lire «Le Matin» de vendredi dernier).

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Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout
le canton de Genève.

MALAISE À POLICE SECOURS

Depuis le début de l’année, plus de mille réquisitions n’ont pas pu être assurées par la police, faute d’effectifs, surtout la nuit.

Le constat est inquiétant. Depuis le début de l’année, plus de mille réquisitions n’ont pas été assurées par la police genevoise. Soit, en moyenne et selon plusieurs sources, environ quinze interventions quotidiennes, surtout la nuit, selon un rapport rédigé cet été.

Dans le langage courant, les réquisitions, ce sont les appels au 117, qui ne peuvent donc pas être tous traités. «Une dame a appelé une nuit car il y avait un individu dans son jardin. Aucune patrouille n’a pu se rendre sur place», confie une source.

Faute d’effectifs, des postes affichent portes closes en début de soirée. «Cet été, il a fallu fermer le poste des Pâquis, l’un des deux sur Genève à être normalement ouverts 24 h sur 24», constate Marc Baudat, président de l’Union du personnel du corps de police (UPCP). «Certains soirs, la centrale demande aux patrouilles de ne prendre aucune initiative sur certains secteurs car il n’y a plus de personnel de réserve», ajoute un policier.

Le manque de forces touche essentiellement le silo «police secours». Mais pas seulement. L’impact est répercuté sur d’autres services comme la police de proximité, mais également la police judiciaire. Alarmante, la situation a aussi des conséquences sur les enquêtes de police destinées au Ministère public. «Elles manquent de plus en plus souvent de précision», assure un magistrat.

Rapport rédigé

Un rapport sur la problématique a été rédigé par un haut cadre de la police qui dénonce la situation. «Nous sommes très inquiets, évidemment. La population ne peut plus jouir d’un service de qualité, et nos collègues sont en danger», analyse Alyssa Corazzi, vice-présidente du Syndicat de la police judiciaire (SPJ).

Membre du comité du SPJ, Michael Berker pointe du doigt la nouvelle loi sur la police, portée par le conseiller d’État Pierre Maudet et entrée en vigueur l’an dernier: «Nous avions tiré la sonnette d’alarme avant le vote.… Lire la suite...

Le policier retraité a tenu sur Facebook des propos dégradants envers les juifs.
Image: AP

L’ex-policier outrancier va être jugé par ses pairs

Le Syndicat de la police judiciaire est choqué par les propos antisémites d’un cadre à la retraite et veut l’exclure de ses membres.

La réaction n’a pas tardé. Le Syndicat de la police judiciaire (SPJ) dénonce le comportement d’un policier retraité depuis huit ans, mais toujours membre, qui a tenu sur Facebook des propos dégradants envers les juifs, comme nous l’avons révélé samedi. Le comité va proposer son exclusion.

Choqué, le SPJ déplore dans un communiqué le fait qu’il puisse être assimilé à la police genevoise, et plus particulièrement à la PJ, où il a travaillé. «Votre police judiciaire ne se reconnaît pas dans de tels comportements et dénonce avec la plus grande fermeté les propos nauséabonds et honteux de ce personnage.»

Sur son mur, visible par quelque 300 amis, l’internaute s’est fendu, le 19 octobre, de ce commentaire sur l’actualité: «Weinstein! Pourquoi on en trouve de plus en plus chez les baptisés au sécateur? Décidément, les crochus seraient des adeptes ou des addicts! Je pense que c’est vrai… j’en connais… mais là, silence! Pas de vague! Les médias sont dans leurs mains… pis alors les bavards!! Je n’ai par ailleurs no lu ni entendu les jérémiades du peuple élu.» (Sic) Outré, l’un de ses contacts l’a mis en garde, mais l’auteur en a remis une couche.

«A l’image de la population qu’elle sert, citoyenne, multiculturelle et pluriconfessionnelle, la police judiciaire n’a de fait ni couleur politique, ni couleur de peau, ni religion et elle s’efforce de défendre les valeurs de la République sans faire de distinction», insiste le SPJ, qui espère voir le Ministère public «se prononcer quant aux suites qu’il entend donner à cette affaire».

Pour Me Nicolas Capt, interrogé samedi, ces déclarations pourraient tomber sous le coup de la norme pénale, pour incitation à la haine. (TDG)Lire la suite...
L'avenir des retraites des policiers et des gardiens de prison fait débat.
Image: Laurent Guiraud

La police se trouve des défenseurs aux deux extrémités du spectre politique

Référendum: Ensemble à gauche et le MCG veulent faire voter le peuple sur les retraites des forces de l’ordre.

Acceptée le 12 octobre par le Grand Conseil, la réforme de la retraite des policiers et des gardiens de prison sera peut-être soumise au peuple. Ensemble à gauche et le MCG ont annoncé mardi leur volonté de la combattre par référendum. Les deux formations vont chacune tenter de récolter suffisamment de signatures ces 40 prochains jours pour provoquer un scrutin populaire.

Dans le détail, une majorité composée de la droite et des Verts a accepté une proposition du Conseil d’Etat: désormais, quand un policier monte en grade et voit son salaire grimper en conséquence, il devra lui-même rattraper l’écart avec le niveau des cotisations qu’il aurait dû payer auparavant pour justifier que sa pension de retraite soit fonction de son dernier salaire. Jusqu’ici, ce rattrapage était assumé par l’employeur. Pour la majorité, la nouvelle donne se justifie par des motifs d’équité. Actuellement, «un gendarme est traité de façon distincte d’une infirmière, alors que rien ne le justifie», a ainsi écrit le député PLR Cyril Aellen dans son rapport parlementaire.

Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. «Nous ne voulons pas voir la police isolément, argue Jean Batou, d’Ensemble à gauche. Nous situons cette affaire dans la défense de la fonction publique et des prestations. Et cela alors que le Conseil d’Etat va s’en prendre à d’autres métiers afin de réaliser des économies pour faire passer sa nouvelle version de la réforme de l’imposition des entreprises.» La police n’a-t-elle pas été spécialement gâtée jusqu’ici du point de vue des retraites? «Sa caisse est certes bien capitalisée, répond l’élu. Mais les policiers ont beaucoup perdu ces dernières années et leur carrière a des spécificités avec ses promotions à des grades supérieurs.»

«Cette réforme risque de dissuader un policier de monter en grade s’il n’a pas les moyens de payer le rattrapage, renchérit la présidente du MCG, Ana Roch.Lire la suite...

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Une coalition hétérogène se forme pour sauver les retraites des policiers

Référendum: Le MCG, Ensemble à gauche et les syndicats de la police devraient annoncer un ou des référendums cette semaine.

Jusqu’ici, l’Etat finançait le rattrapage de la caisse de retraite d’un policier quand il montait en grade. Jeudi soir, le Grand Conseil a abrogé cette pratique. Présentée comme une mesure de justice et d’égalité de traitement des fonctionnaires entre eux par le Conseil d’Etat, cette abrogation devrait être combattue par un ou plusieurs référendums.

Selon nos sources, une coalition hétérogène est en cours de constitution. Tout ou à peu près devrait se décider cette semaine. Elle est composée, d’une part, des partis qui se sont manifestés durant les débats au parlement, à savoir Ensemble à Gauche et le MCG. D’autre part, des syndicats de police. «La question du référendum est effectivement sur la table après cette nouvelle attaque, cette nouvelle preuve de méprise envers la police», expose le secrétaire syndical de l’Union des corps de police, Marc Baudat. Pour l’UPCP, il n’y a pas de sens à appliquer aux policiers la même règle que pour le rattrapage des autres fonctionnaires: leur caisse de pension serait en meilleure forme financière et la mesure nuirait gravement à l’attractivité des grades. L’organisation syndicale décidera cette semaine de la marche à suivre. Les syndicats de la police judiciaire et le Cartel intersyndical pourraient suivre.

Pour le Cartel, qui ferraille avec le Conseil d’Etat sur la réforme de la caisse de pension des fonctionnaires, l’occasion est tentante de «faire converger» les luttes de secteurs séparés. «L’UPCP et le syndicat de la PJ étant membre du Cartel, nous les soutiendrons certainement s’ils nous le demandent, explique le président du Cartel, Marc Simeth. On essaie de tirer à la même corde, chacun avec ses problèmes spécifiques.»

Au niveau politique, c’est un peu plus compliqué. Pour le MCG, la décision du référendum est quasi prise, même si le secrétaire général François Baertschi se borne à déclarer que le parti «envisage de s’opposer à la loi».… Lire la suite...

pages_10_11_Le_Matin_2017-10-12

ET MAINTENANT, QUI VA PAYER ?

SÉCURITÉ: Le député Pierre Gauthier demande au gouvernement genevois de s’expliquer sur les coûts liés aux forces de police qui ont encadré les Géantes.

Hallucinant». «Scandaleux». Les termes ne manquent pas dans les rangs de la police genevoise pour définir l’impressionnant déploiement des forces de l’ordre à l’occasion de la venue des deux Géantes à Genève, fin septembre. «On a été mobilisés sans congé de compensation», déplore un uniforme qui a dû travailler plus de dix jours d’affilée. «On nous rabâche les oreilles pour nous dire que nous devons faire des économies. Et là, pour deux marionnettes, on sort la grosse artillerie. Je ne comprends pas», ajoute un autre. Dans les rangs de la grande maison, l’on se demande qui va payer la facture pour les 1500 policiers mobilisés, de Genève à Fribourg en passant par le Valais, Vaud et Jura. Sans oublier le coût de l’hélicoptère de l’armée qui a survolé Genève trois jours durant et des policiers municipaux qui, pour la première fois à Genève, ont été subordonnés directement à la po- lice cantonale au vu de la nature «exceptionnelle» de l’événement.

Le député genevois et président du Parti radical de gauche, Pierre Gauthier, a les mêmes interro- gations que la police. Il ne veut en aucun cas entrer dans le débat du «c’était formidable» ou «c’était nul». Mais il s’interroge en déposant, aujourd’hui même, une question écrite au Grand Conseil. «Je demande quel a été le coût du déploiement des diverses forces de sécurité cantonales et quelle est la part supportée par le canton», indique le politicien. Autre interrogation: une partie de ces coûts sera- t-elle supportée par les organisateurs (la Ville de Genève et le Théâtre de Carouge)? Pour Pierre Gauthier, le dispositif sécuritaire mis sur pied était «très largement dimensionné, comme si une menace terroriste avait été clairement identifiée, mettant en danger les spectateurs de cette manifestation populaire» qui a, selon les chiffres livrés par la police et les organisateurs, attiré 850 000 personnes.

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SCORE

Le système de rémunération à l’Etat va être chamboulé

Conseil d’Etat: Désormais entre les mains du Grand Conseil, le nouveau système de calcul des traitements s’appliquera à 45’000 personnes.

Lancé en 2010 par le précédent Conseil d’Etat, le projet Score entre dans la phase parlementaire sous la forme d’un projet de loi déposé mercredi par le Conseil d’Etat. L’annonce du début de concrétisation du nouveau système de rémunération à l’Etat a immédiatement été critiquée par le Cartel intersyndical de la fonction publique, qui a menacé d’entrer en résistance.

Pourtant, à entendre le Conseil d’Etat, le projet n’aurait que des qualités. Ne serait-ce que parce que 57% des collaborateurs concernés verront leurs salaires augmenter. Mais ce n’est pas la seule raison. «Le système actuel de rémunération date de 1974, rappelle François Longchamp, le président du gouvernement. A la longue, il est devenu incohérent, a nécessité la multiplication d’indemnités spécifiques dénoncées par la Cour des comptes. De plus, il ne tient pas assez compte des nouvelles formations ou de certaines compétences, par exemple sociales et de communication.»

De 60 à 40 millions de plus

Selon le Conseil d’Etat, Score – acronyme de Système Compétences, Rémunération, Evaluation – corrigera tous ces défauts. Il coûtera du reste un peu plus cher: «Le coût sera de 60 millions de francs après six ans et décroîtra ensuite pour atteindre un montant de 40 millions de francs», précise Serge Dal Busco, le conseiller d’Etat responsable des Finances.

L’enjeu est énorme. Le nouveau système de rémunération concernera 45 000 collaborateurs de l’Etat et des établissements autonomes. Les charges de personnel pour le Grand Etat se montent annuellement à 5 milliards de francs.

Techniquement, Score simplifie et ordonne le système qui permet à l’Etat d’évaluer et de rétribuer en conséquence ses collaborateurs. Il réunit sur une seule grille 147 emplois dits de référence, qui forment la matrice à partir de laquelle s’ordonnent tous les métiers.… Lire la suite...

Mo

Un policier condamné pour avoir maquillé un rapport

Manifestations: La sanction pénale a été publiée sur Internet, suscitant une pluie d’insultes. L’agent va porter plainte.

Les deux hommes se connaissent bien et ne s’apprécient guère. L’un est un habitué des manifestations, l’autre un gendarme aguerri qui surveille les rassemblements en ville. Ce bras de fer, qui reprend à chaque défilé, se prolonge en justice. Selon nos informations, le policier vient d’être condamné par le biais d’une ordonnance pénale pour avoir «maquillé» un procès-verbal. Ce document constitue, pour le Ministère public, un faux dans les titres dans l’exercice de fonctions publiques.

Le prévenu a, plus exactement, rédigé la déposition d’un de ses subordonnés alors que celui-ci était absent au moment de sa prétendue audition. Le but de ce faux document incriminant le remuant manifestant? Pouvoir déposer une plainte contre lui. Le militant, prévenu dans une autre affaire pour avoir tenu tête à la police, avait pris part à des manifestations non autorisées en 2014. Notamment celle d’octobre, qui contestait les festivités du bicentenaire de la police. Ce rassemblement avait donné lieu à des arrestations et des condamnations.

«Regrettable indifférence»

Pourtant, aujourd’hui, le condamné est dans le camp des forces de l’ordre. L’ordonnance pénale, du 21 septembre, estime que les motivations du policier relèvent d’une regrettable indifférence vis-à-vis des règles de la procédure. Dans le document que nous avons consulté, le procureur général, Olivier Jornot, explique que ces règles «impliquent de ne signer un procès-verbal qu’une fois son contenu conforme aux propos tenus par la personne auditionnée et de ne pas y faire figurer des heures et de début et de fin d’audition fictives». Et de préciser: «Si l’on peut éventuellement admettre que soient retranscrites des déclarations tenues de manière informelles par un collègue dans un projet de procès-verbal d’audition établi ainsi à l’avance, sous réserve qu’il soit validé par le concerné lors de son audition effective, il est en revanche impossible de nier le caractère intentionnel de l’infraction lorsque l’auteur invente des heures de début et de fin d’audition.» Le chef du Parquet a ainsi condamné le fonctionnaire à 120 heures de travaux d’intérêt général.… Lire la suite...

Les assaillants de Barcelone étaient passés par Bâle et Zurich. (Photo: Keystone/AP/Manu Fernandez)

Polices suisses tenues à distance des infos sur les jihadistes

L’accès au répertoire d’Europol sur les suspects de terrorisme marche à sens unique pour les enquêteurs suisses.

Les réseaux jihadistes ne connaissent pas de frontières. Selon le «Tages-Anzeiger», plusieurs auteurs des attentats de Barcelone et Cambrils (Esp) sont par exemple passés par la Suisse. D’autres terroristes auraient aussi eu des contacts dans le pays. Or, l’échange de renseignements entre la Suisse et l’Europe coince toujours. L’accès au système d’information d’Europol est à sens unique. Si les enquêteurs suisses sont encouragés à fournir leurs résultats à la base de données, ils ne peuvent pas eux-mêmes y faire des recherches.

Les demandes helvétiques doivent en effet faire un détour bureaucratique par la représentation diplomatique aux Pays-Bas, plus précisément par l’attaché de police, qui doit lui-même transmettre la requête à des fonctionnaires européens. Ceux-ci récoltent alors les renseignements nécessaires pour le compte de la Suisse, avant de les transmettre à l’attaché de police qui les enverra à son tour aux enquêteurs.

Cette procédure retarde le travail des polices, explique le journal. «Un accès direct nous permettrait de mieux connaître les réseaux jihadistes», plaide la porte-parole de la Fedpol, Cathy Maret. La ministre Simonetta Sommaruga a déjà signalé à plusieurs reprises cette «lacune de sécurité» à l’Union européenne, mais le problème persiste, pour des questions de protection des données. La Suisse a pourtant un accès illimité à la base de données Schengen.

Le cas de l’assaillant de Turku (Finlande)

L’utilisation des mouvements de migration est une manière pour les djihadistes de gagner l’Europe. Pour ce faire, ils utilisent des faux papiers ou des documents de voyages falsifiés.

L’auteur présumé de l’attentat de Turku (Finlande) avait déposé une demande d’asile à Chiasso en 2016. Ce Marocain, qui a poignardé deux femmes le 18 août dernier dans la ville finlandaise avait été enregistré par les gardes-frontières à Chiasso (TI) le 23 avril 2016.… Lire la suite...