Olivier Jornot, procureur général

Olivier Jornot veut que les policiers roulent au pas

Courses d’urgence À quelle vitesse peut circuler un inspecteur en cas d’urgence? Le procureur général tente de limiter les élans. Policier jugé.

À quelle vitesse un policier peut-il conduire en cas d’urgence? C’est tout l’enjeu du procès qui s’est déroulé, mercredi, devant le Tribunal de police. Appelé par la centrale d’engagement dans la nuit du 11 novembre 2015, un inspecteur de police a roulé à 92 km/h pour intervenir lors d’un vol à l’explosif à la succursale de la BCGE de Plan-les-Ouates

Or le procureur général, Olivier Jornot, considère que cette vitesse était trop élevée sur ce tronçon de la route du Camp limité à 50 km/h. Le policier n’aurait pas dû dépasser les 80 km/h. Et même aller plus lentement – pas plus de 70 km/h – car sa collègue avait arrêté la sirène du véhicule. Dans son raisonnement, le procureur général se base sur des barèmes qu’il a lui-même transmis à la police. Ces barèmes reflètent sa manière d’interpréter la loi. Et sur cette base, il considère que le prévenu a commis une infraction grave à la LCR. Il requiert à son encontre 120 heures de travail d’intérêt général avec sursis.

Appelé à la barre des témoins, un commissaire, supérieur hiérarchique de l’inspecteur accusé, ne cache pas sa colère et son incompréhension. Il souligne que les explosions de bancomats à l’aide de bonbonnes de gaz ont augmenté ces dernières années, qu’elles sont menées par des malfrats dangereux et lourdement armés. Pour les interpeller et pour sauver des vies, la police doit agir vite. Mais lorsqu’on arrive sur les lieux du crime, il faut parfois arrêter les sirènes pour ne pas devenir soi-même une cible ou faire fuir les criminels. Le commissaire est choqué que son subordonné se retrouve sur le banc des accusés: «Si nous ne pouvons plus intervenir en urgence, nous devenons des huissiers de justice, juste bons à constater ce qui s’est passé après coup.»

Trop limiter la vitesse des policiers lors d’une mission d’urgence donnerait un message catastrophique aux criminels, souligne-t-il: «Ils sauront qu’ils ont le temps d’agir.… Lire la suite...

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Les Dents de l’Etat

– dès 15h : Grève dans tous les secteurs!

– 16h : Assemblée du personnel au Palladium

– 17h30: Manifestation  depuis le Palladium

Parcours : Stand – Marché – Verdaine – Bourg-de-Four – Hôtel-de-Ville

Venez nombreux !

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Le conseiller d'Etat PLR Pierre Maudet est dans le viseur des référendaires. (Martial Trezzini)

Plus de 7100 signatures pour les référendums « anti-Maudet » à Genève

Les deux référendums lancés par Ensemble à gauche et le MCG contre une dégradation du statut des policiers et des gardiens de prison ont été déposés mercredi munis de 7105 signatures. La politique de Pierre Maudet est aussi critiquée.

« C’est aussi un référendum ‘anti-Maudet’, contre sa manière autoritaire et antidémocratique de faire de la politique », a déclaré Pablo Cruchon, d’Ensemble à gauche. La votation devrait avoir lieu en juin 2018.

Les référendaires critiquent l’absence de concertation du magistrat lors de la modification de la loi sur la Caisse de prévoyance des fonctionnaires de police et des établissements pénitentiaires (LCPFP), adoptée par le Grand Conseil en octobre.

Respect des policiers

Cette modification voulue par l’exécutif supprime le paiement par l’Etat du rattrapage des cotisations lors des hausses de salaire. Il s’agit de faire respecter l’égalité de traitement avec les autres collaborateurs de l’Etat, affiliés à une autre caisse.

Pour les référendaires, cette particularité doit être maintenue. Le MCG estime qu’il en va de la défense d’une police forte et du respect des policiers et du personnel du service pénitentiaire, a indiqué le député François Baertschi.

ats/dk

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Augmentation du salaire des Conseillers d’État : la cerise sur le gâteau SCORE

Au moment où ils déposent le projet de loi SCORE visant à faire un maximum d’économies sur le dos des salariés, les conseillers d’État prévoient d’augmenter leur propre salaire de CHF 34’571.- par an. Préparez-vous à ce qu’ils nous demandent de nous serrer encore la ceinture !

Vous êtes convaincus depuis des années que SCORE n’est ni Simplifié, ni Cohérent, ni Ouvert, ni Revalorisateur, ni Equitable ?

Vous pensez avoir entrevu le cœur des ténèbres à la lecture du Projet de loi déposé par le Conseil d’État ?

Eh bien vous vous réjouirez d’apprendre que le Conseil d’État a formulé le projet de loi LTrait (SCORE) de manière à augmenter ses propres salaires de plusieurs dizaines de milliers de francs par an !

En effet, avec SCORE, le Conseil d’État pourra non seulement décider de la baisse des salaires de la fonction publique par voie réglementaire (art. 4, al. 1), c’est-à-dire de son propre chef et sans qu’aucune voie de recours légal n’existe ; mais il pourra également décider de son propre salaire (art. 24, modifiant l’art. 22 de la LTrait).

Nous pourrions nous réjouir qu’en ces temps de crise budgétaire des conseillers d’État responsables puissent enfin décider, de leur propre chef, de réduire leurs salaires et ainsi donner l’exemple aux autres fonctionnaires des sacrifices à faire. Ce n’est cependant pas ce qui est subtilement sous-entendu dans le projet de loi SCORE…

Actuellement, sous SEF, « le traitement des conseillers d’État correspond au maximum de la classe 33 de l’échelle des traitements, majoré de 4,5% » (art. 2 de la loi concernant le traitement et la retraite des conseillers d’État et du chancelier d’État, LTRCE). Un conseiller d’État perçoit ainsi l’équivalent du plus haut salaire de l’État, majoré de 4.5%. Histoire de montrer qui est le patron, le président du Conseil d’État perçoit en plus de ce misérable traitement une indemnité équivalente à 6% de ce dernier (art.… Lire la suite...

PM MB

Les tensions entre Etat et syndicats de police inquiètent les députés genevois

Les rapports compliqués entre les syndicats de police genevois et l’Etat, qui ont rythmé la législature, préoccupent le Parlement. Une quinzaine de questions écrites ont été déposées lors de la dernière session.

Les interrogations adressées au bureau du Conseil d’Etat, qui concernent le département de la Sécurité et son ministre Pierre Maudet, portent sur divers points comme la formation des policiers ou le salaire des inspecteurs de la police judiciaire notamment.

Habituellement, les interventions liées à ce sujet émanent plutôt du MCG ou de l’UDC, mais on trouve aussi, cette fois, des députés de gauche (Verts, Ensemble à Gauche et PS) parmi les intervenants. Visiblement, la mobilisation des syndicats a réussi à interroger la quasi-totalité du Parlement à quelques mois des élections cantonales.

Nombreux motifs d’affrontements

Les points de frictions entre l’Etat et les syndicats de police sont multiples. C’est le cas par exemple d’une directive consacrant une flexibilisation des horaires de travail, qui avait fait monter les syndicats au créneau en fin d’année dernière.

Plus récemment, c’est la dévaluation d’une classe de salaire des policiers judiciaires qui a mis le feu aux poudres. Les syndicats, très mobilisés, ont obtenu le gel de plusieurs mesures en lien avec leur statut ainsi que l’ouverture de négociations avec une délégation du Conseil d’Etat. Elles sont d’ailleurs toujours en cours et leur issue devrait être définitive avant le vote du budget en décembre.

Le tournant de la nouvelle loi sur la police

Les rapports parfois tendus entre le département en charge de la Sécurité et les syndicats de la police ne sont pas nouveaux mais beaucoup s’accordent à dire que la nouvelle loi sur la police a marqué un tournant dans les rapports entre Etat et syndicats de police. Le texte accepté en 2015 avec 54 voix de différence faisait déjà bondir les syndicats à l’époque, notamment à cause de la réorganisation du corps de police en cinq unités.

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Une arrestation par la police judiciaire (photo d'illustration)
Image: Laurent Guiraud

L’UDC tente d’enfoncer un coin dans la nouvelle Loi sur la police

Politique: L’UDC dépose un projet sur la police judiciaire pendant que les autres partis décochent des volées de questions au Département.

Le débat sur l’organisation de la police, anesthésié par l’adoption d’une nouvelle loi en 2015, va-t-il revenir au premier plan? Indice de tension ou de lobbying réussi, quinze questions ont été déposées par différents partis au cours de la dernière session. Et un projet de loi UDC vient aussi d’arriver sur la table.

Déposé par Patrick Lussi, il propose d’inscrire la police judiciaire parmi les catégories de personnel mentionné dans la loi, au côté des policiers, des assistants de sécurité publique et du personnel administratif. Un changement anecdotique? Pas pour le député. Il estime qu’il faut «revenir sur le nivellement par le bas», imposé par la loi Maudet de 2015. Il attaque en particulier la formation unique des agents quelle que soit leur fonction future qui se fait depuis 2016 à Savatan pour toute la Suisse romande. Il accuse: «La police peine à trouver des candidats. L’instauration d’une école unique coûte de l’argent et du temps, et des lacunes importantes en termes de formation sont déjà observées.» Selon lui, une des victimes principales de cette formation serait la police judiciaire. Or ce corps, dont le travail est sensible, puisque ses membres «enquêtent sur les délits les plus graves», nécessiterait au contraire une formation initiale spéciale. En inscrivant spécifiquement les agents de la PJ parmi les membres du personnel de la police, Patrick Lussi pense leur ouvrir la porte à la mise sur pied d’une formation spécifique. Il avance aussi en direction d’une autre problématique qui n’est pas mentionnée, mais sous-jacente: celle du niveau de salaire.

Selon le syndicat de la PJ, la Loi sur la police a unifié les salaires des policiers, à la baisse pour ce qui concerne ses membres.… Lire la suite...

Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout
le canton de Genève.

Les députés s’inquiètent pour la police

Genève Des élus au Grand Conseil s’interrogent sur «l’état de santé» de la corporation. La commission du personnel de la police, elle, dénonce. Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout le canton de Genève.

«Mais comment va la police genevoise?» C’est le titre de l’une des questions écrites urgentes, déposées lors de la dernière séance du Grand Conseil genevois. Signée par le député Jean Batou (Ensemble à gauche), cette question est à la fois simple et compliquée. Une certitude: l’état de santé de la corporation semble inquiéter les parlementaires. Huit d’entre eux issus de cinq groupes politiques (sauf le PLR et le PDC) ont déposé quinze questions en tout. Les sujets d’interrogation? Ils se recoupent, allant du coût de la formation à l’École de police de Savatan (VS) et de son surcoût pour Genève, à la «militarisation» de la corporation, en passant par les résultats d’un test sur le métier ou l’attractivité des grades.

Boris Calame, député Vert, parle de «malaise au sein de la police judiciaire»: «C’est effrayant de constater le pourrissement de cette situation où le relationnel entre l’employeur et ses employés est devenu inexistant. La confiance semble bel et bien rompue. (…)» On l’aura compris entre les lignes, c’est le magistrat PLR Pierre Maudet qui se trouve en ce moment dans le viseur des députés, lui qui a porté à bout de bras cette nouvelle loi sur la police votée en 2015 et qui, selon le MCG François Baertschi, «fait de gros dégâts avec son système en silos». Ancien policier, Patrick Lussi (UDC) enfonce le clou, évoquant «les dysfonctionnements induits par la nouvelle loi».

Parmi ces «dysfonctionnements», des réquisitions au 117 qui ne peuvent pas être assurées – entre 10 et 15 par jour –, surtout la nuit (lire «Le Matin» de vendredi dernier).

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Le soir, il ne reste parfois qu’une seule patrouille de police pour tout
le canton de Genève.

MALAISE À POLICE SECOURS

Depuis le début de l’année, plus de mille réquisitions n’ont pas pu être assurées par la police, faute d’effectifs, surtout la nuit.

Le constat est inquiétant. Depuis le début de l’année, plus de mille réquisitions n’ont pas été assurées par la police genevoise. Soit, en moyenne et selon plusieurs sources, environ quinze interventions quotidiennes, surtout la nuit, selon un rapport rédigé cet été.

Dans le langage courant, les réquisitions, ce sont les appels au 117, qui ne peuvent donc pas être tous traités. «Une dame a appelé une nuit car il y avait un individu dans son jardin. Aucune patrouille n’a pu se rendre sur place», confie une source.

Faute d’effectifs, des postes affichent portes closes en début de soirée. «Cet été, il a fallu fermer le poste des Pâquis, l’un des deux sur Genève à être normalement ouverts 24 h sur 24», constate Marc Baudat, président de l’Union du personnel du corps de police (UPCP). «Certains soirs, la centrale demande aux patrouilles de ne prendre aucune initiative sur certains secteurs car il n’y a plus de personnel de réserve», ajoute un policier.

Le manque de forces touche essentiellement le silo «police secours». Mais pas seulement. L’impact est répercuté sur d’autres services comme la police de proximité, mais également la police judiciaire. Alarmante, la situation a aussi des conséquences sur les enquêtes de police destinées au Ministère public. «Elles manquent de plus en plus souvent de précision», assure un magistrat.

Rapport rédigé

Un rapport sur la problématique a été rédigé par un haut cadre de la police qui dénonce la situation. «Nous sommes très inquiets, évidemment. La population ne peut plus jouir d’un service de qualité, et nos collègues sont en danger», analyse Alyssa Corazzi, vice-présidente du Syndicat de la police judiciaire (SPJ).

Membre du comité du SPJ, Michael Berker pointe du doigt la nouvelle loi sur la police, portée par le conseiller d’État Pierre Maudet et entrée en vigueur l’an dernier: «Nous avions tiré la sonnette d’alarme avant le vote.… Lire la suite...

Le policier retraité a tenu sur Facebook des propos dégradants envers les juifs.
Image: AP

L’ex-policier outrancier va être jugé par ses pairs

Le Syndicat de la police judiciaire est choqué par les propos antisémites d’un cadre à la retraite et veut l’exclure de ses membres.

La réaction n’a pas tardé. Le Syndicat de la police judiciaire (SPJ) dénonce le comportement d’un policier retraité depuis huit ans, mais toujours membre, qui a tenu sur Facebook des propos dégradants envers les juifs, comme nous l’avons révélé samedi. Le comité va proposer son exclusion.

Choqué, le SPJ déplore dans un communiqué le fait qu’il puisse être assimilé à la police genevoise, et plus particulièrement à la PJ, où il a travaillé. «Votre police judiciaire ne se reconnaît pas dans de tels comportements et dénonce avec la plus grande fermeté les propos nauséabonds et honteux de ce personnage.»

Sur son mur, visible par quelque 300 amis, l’internaute s’est fendu, le 19 octobre, de ce commentaire sur l’actualité: «Weinstein! Pourquoi on en trouve de plus en plus chez les baptisés au sécateur? Décidément, les crochus seraient des adeptes ou des addicts! Je pense que c’est vrai… j’en connais… mais là, silence! Pas de vague! Les médias sont dans leurs mains… pis alors les bavards!! Je n’ai par ailleurs no lu ni entendu les jérémiades du peuple élu.» (Sic) Outré, l’un de ses contacts l’a mis en garde, mais l’auteur en a remis une couche.

«A l’image de la population qu’elle sert, citoyenne, multiculturelle et pluriconfessionnelle, la police judiciaire n’a de fait ni couleur politique, ni couleur de peau, ni religion et elle s’efforce de défendre les valeurs de la République sans faire de distinction», insiste le SPJ, qui espère voir le Ministère public «se prononcer quant aux suites qu’il entend donner à cette affaire».

Pour Me Nicolas Capt, interrogé samedi, ces déclarations pourraient tomber sous le coup de la norme pénale, pour incitation à la haine. (TDG)Lire la suite...
L'avenir des retraites des policiers et des gardiens de prison fait débat.
Image: Laurent Guiraud

La police se trouve des défenseurs aux deux extrémités du spectre politique

Référendum: Ensemble à gauche et le MCG veulent faire voter le peuple sur les retraites des forces de l’ordre.

Acceptée le 12 octobre par le Grand Conseil, la réforme de la retraite des policiers et des gardiens de prison sera peut-être soumise au peuple. Ensemble à gauche et le MCG ont annoncé mardi leur volonté de la combattre par référendum. Les deux formations vont chacune tenter de récolter suffisamment de signatures ces 40 prochains jours pour provoquer un scrutin populaire.

Dans le détail, une majorité composée de la droite et des Verts a accepté une proposition du Conseil d’Etat: désormais, quand un policier monte en grade et voit son salaire grimper en conséquence, il devra lui-même rattraper l’écart avec le niveau des cotisations qu’il aurait dû payer auparavant pour justifier que sa pension de retraite soit fonction de son dernier salaire. Jusqu’ici, ce rattrapage était assumé par l’employeur. Pour la majorité, la nouvelle donne se justifie par des motifs d’équité. Actuellement, «un gendarme est traité de façon distincte d’une infirmière, alors que rien ne le justifie», a ainsi écrit le député PLR Cyril Aellen dans son rapport parlementaire.

Les opposants ne l’entendent pas de cette oreille. «Nous ne voulons pas voir la police isolément, argue Jean Batou, d’Ensemble à gauche. Nous situons cette affaire dans la défense de la fonction publique et des prestations. Et cela alors que le Conseil d’Etat va s’en prendre à d’autres métiers afin de réaliser des économies pour faire passer sa nouvelle version de la réforme de l’imposition des entreprises.» La police n’a-t-elle pas été spécialement gâtée jusqu’ici du point de vue des retraites? «Sa caisse est certes bien capitalisée, répond l’élu. Mais les policiers ont beaucoup perdu ces dernières années et leur carrière a des spécificités avec ses promotions à des grades supérieurs.»

«Cette réforme risque de dissuader un policier de monter en grade s’il n’a pas les moyens de payer le rattrapage, renchérit la présidente du MCG, Ana Roch.Lire la suite...