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Gardiens dans le viseur de Pierre Maudet

(Le Courrier, 04.04.2017, par Rachad Armanios)

 Quinze employés sont convoqués pour un entretien de service.

Le Département de la sécurité et de l’économie (DSE), dirigé par Pierre Maudet, entend sanctionner une quinzaine de gardiens de prison de Champ-Dollon, qui avaient manifesté il y a deux mois contre le départ de leur directeur, Constantin Franziskakis. Le 4 février, une soixantaine de gardiens avaient déployé des banderoles devant l’établissement pénitentiaire pour soutenir leur chef, très apprécié, rappelle la Tribune de Genève, qui dévoile l’information.

Pour rappel, Pierre Maudet a confié à M. Franziskakis, dès le 1er mai, un rôle de directeur au sein du DSE pour refonder la sociothérapie et lutter contre la radicalisation en prison. Cette mutation s’inscrit dans le conflit entre le directeur de Champ-Dollon et celui de l’Office cantonal de la détention (OCD), Philippe Bertschy. «Ejecter le compétent, pour sauver l’arrogant», stipulaient les banderoles des gardiens.

Selon l’OCD, ces gardiens ont violé le règlement sur la tranquillité publique selon lequel tout acte de nature à troubler la tranquillité dans ou à l’extérieur des établissements pénitentiaires est interdit.

Représentant syndical convoqué

Plus étonnant, c’est M. Franzizkakis qui est chargé de mener les entretiens et devra, cas échéant, sanctionner les gardiens l’ayant soutenu. En outre, le représentant syndical, Nicolas Allaz, est lui aussi convoqué.

Son avocat, Robert Assaël, dénonce la volonté de Pierre Maudet de «museler les syndicats». Une source estime par ailleurs que le but est de ternir la réputation de M. Franziskakis auprès de ses employés en lui donnant le mauvais rôle, tout en testant sa loyauté envers le département. Et de déplorer que le DSE mette de l’huile sur le feu au lieu de chercher à apaiser la situation.

Dès lors que la police a dénoncé la manifestation, le DSE se doit d’instruire, nous fait savoir une chargée de communication du département.… Lire la suite...

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De l’huile sur le feu

Jeudi 20 avril 2017
Par: Rachad Armanios (Le Courrier)

https://www.lecourrier.ch/148712/de_l_huile_sur_le_feu

Au début du mois, on apprenait qu’une quinzaine de gardiens de la prison genevoise de Champ-Dollon étaient convoqués pour un entretien de service. Leur faute? Avoir manifesté devant la prison pour protester contre le départ forcé de leur chef, le très apprécié Constantin Franziskakis, en conflit notoire avec le chef de l’Office de la détention. Le plus tordu de l’histoire, c’est que M. Franziskakis, alors encore en poste à Champ-Dollon, a été lui-même chargé de remettre au pas ses employés l’ayant défendu.

Cette semaine, c’est une procédure administrative qui a été ouverte contre 162 policiers. Ils avaient, en octobre dernier, refusé de suivre une formation pour protester contre une directive sur leurs horaires qu’ils assimilent à du «travail sur appel». Les discussions sur la directive ont entretemps bien avancé. Ils ont donné des résultats réjouissants, à en croire le syndicat des policiers. Preuve selon lui de la légitimité des actions démarrées à l’automne. Intimider des employés plutôt que de les entendre? Tel est le climat dans le royaume de Pierre Maudet, le chef de la Sécurité. Le Cartel intersyndical de la fonction publique, lui, étend volontiers ce constat à l’ensemble du Conseil d’Etat.

A la décharge des autorités, les négociations avec la police ont toujours été très compliquées à Genève. Nombre de conseillers d’Etat, chargés de la Sécurité, se sont cassé les dents face à une police puissante et soudée, qui avait accumulé primes et privilèges.

Il n’empêche. Etre mobilisable quasi en tout temps pour répondre à l’inflation sécuritaire dont ces fonctionnaires ne sont pas responsables n’est pas acceptable. Surtout, le partenariat social impose une réelle concertation sur les conditions de travail. Pour éviter les grèves et la protestation, la criminalisation des actions n’est ni une réponse digne d’une démocratie ni efficace.… Lire la suite...