Image: Laurent Guiraud

Des experts des prisons s’inquiètent pour Curabilis

Détention: La Commission nationale de prévention de la torture a rendu un rapport sévère sur la prison de soins.

Les mots ne sont pas tendres. La Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) émet de vives inquiétudes au sujet de Curabilis dans un rapport que nous avons découvert hier, publié le 17 mars sur son site Internet, sans plus de publicité.

A la suite d’une visite en 2016 dans cette nouvelle prison de soins, les experts de la CNPT ont relevé au moins trois problèmes. Le rattachement de la structure, à la fois au Département de la sécurité et à celui de la santé, «porte préjudice au bon fonctionnement» de l’établissement et «mérite d’être clarifié «en toute urgence». Pour répondre à cette problématique, «l’un des défis majeurs posés par le concept de Curabilis», Pierre Maudet défend, dans sa réponse à la CNPT, la décision de maintenir le double rattachement hiérarchique et fonctionnel des cadres du nouveau Service des mesures institutionnelles, effectif depuis le 1er janvier dernier. Pour lui, il est donc «sans doute prématuré de tirer des conclusions à ce stade».

La délégation relève le manque d’activités occupationnelles et de formations pour les détenus. Un problème d’affectation de certains locaux est avancé par Pierre Maudet, qui compte sur l’élaboration d’un concept de réinsertion global. Lancé il y a deux ans, il est attendu avec impatience.

Autre inquiétude de la CNPT: le manque d’expérience des agents de détention dans la gestion de détenus présentant des troubles psychiques. L’Office cantonal de la détention a procédé à un «recrutement conséquent» ces dernières années et a «entrepris l’élaboration d’un concept de formation», répond le magistrat.

Les bonnes conditions matérielles, l’offre et la qualité des soins thérapeutiques saluées par les experts rassurent quelque peu.

(TDG)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/experts-prisons-s-inquietent-curabilis/story/14193310Lire la suite...

Image: Georges Cabrera

Le Conseil d’Etat sort le projet Score du placard

Salaires à l’Etat: L’avant-projet de loi sur les rémunérations dans la fonction publique est lancé. Serge Dal Busco le défend, Marc Simeth critique.

Après des mois d’attente, le Conseil d’Etat s’est lancé hier. Le projet Score, si décrié par les représentants du personnel de la fonction publique, est devenu un avant-projet de loi, qui est mis en consultation. Le nouveau système d’évaluation et de rémunération concernera 40 000 collaborateurs de l’Etat et des établissements publics autonomes.

Avant même de transmettre, vers 15 heures, le communiqué annonçant cette nouvelle étape, la délégation du Conseil d’Etat aux ressources humaines entamait une séance avec les représentants du Cartel intersyndical de la fonction publique. Ces derniers ont par conséquent été informés en direct de la décision du Conseil d’Etat. Leurs premières réactions ne sont, sans surprise, guère enthousiastes.

Retrouver une cohérence

Pour Serge Dal Busco, le ministre des Finances, «Score permet au système d’évaluation et de rémunération de gagner en souplesse, en équité et en pérennité. Il contribue à l’attractivité de la fonction publique et à la qualité de ses prestations.» L’objectif général est de retrouver une cohérence globale du système, d’en finir avec la multitude des indemnités spécifiques qui se sont accumulées au fil des ans. «On abandonnerait ainsi l’évaluation individuelle de chaque fonction, qui peut être déconnectée de l’ensemble», poursuit le conseiller d’Etat.

Le nouveau système réunit sur une grille salariale l’ensemble des métiers. Ils sont regroupés dans des filières professionnelles, au sein desquelles chacun peut progresser d’un à quatre paliers. «Il a été procédé à l’évaluation de 200 fonctions de référence, précise Serge Dal Busco. Toutes les autres, et elles sont nombreuses, seront positionnées sur la grille par rapport aux fonctions de référence retenues.»

57% de gagnants

Selon les projections réalisées, la rémunération de 57% des personnes actuellement en fonction augmentera, mais progressivement, sur six ans.… Lire la suite...

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Gardiens dans le viseur de Pierre Maudet

(Le Courrier, 04.04.2017, par Rachad Armanios)

 Quinze employés sont convoqués pour un entretien de service.

Le Département de la sécurité et de l’économie (DSE), dirigé par Pierre Maudet, entend sanctionner une quinzaine de gardiens de prison de Champ-Dollon, qui avaient manifesté il y a deux mois contre le départ de leur directeur, Constantin Franziskakis. Le 4 février, une soixantaine de gardiens avaient déployé des banderoles devant l’établissement pénitentiaire pour soutenir leur chef, très apprécié, rappelle la Tribune de Genève, qui dévoile l’information.

Pour rappel, Pierre Maudet a confié à M. Franziskakis, dès le 1er mai, un rôle de directeur au sein du DSE pour refonder la sociothérapie et lutter contre la radicalisation en prison. Cette mutation s’inscrit dans le conflit entre le directeur de Champ-Dollon et celui de l’Office cantonal de la détention (OCD), Philippe Bertschy. «Ejecter le compétent, pour sauver l’arrogant», stipulaient les banderoles des gardiens.

Selon l’OCD, ces gardiens ont violé le règlement sur la tranquillité publique selon lequel tout acte de nature à troubler la tranquillité dans ou à l’extérieur des établissements pénitentiaires est interdit.

Représentant syndical convoqué

Plus étonnant, c’est M. Franzizkakis qui est chargé de mener les entretiens et devra, cas échéant, sanctionner les gardiens l’ayant soutenu. En outre, le représentant syndical, Nicolas Allaz, est lui aussi convoqué.

Son avocat, Robert Assaël, dénonce la volonté de Pierre Maudet de «museler les syndicats». Une source estime par ailleurs que le but est de ternir la réputation de M. Franziskakis auprès de ses employés en lui donnant le mauvais rôle, tout en testant sa loyauté envers le département. Et de déplorer que le DSE mette de l’huile sur le feu au lieu de chercher à apaiser la situation.

Dès lors que la police a dénoncé la manifestation, le DSE se doit d’instruire, nous fait savoir une chargée de communication du département.… Lire la suite...

CPEG

Cotiser plus pour gagner moins?

Cotiser plus pour gagner moins?

http://www.cartel-ge.ch/dossiers-en-cours/cpeg

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De l’huile sur le feu

Jeudi 20 avril 2017
Par: Rachad Armanios (Le Courrier)

https://www.lecourrier.ch/148712/de_l_huile_sur_le_feu

Au début du mois, on apprenait qu’une quinzaine de gardiens de la prison genevoise de Champ-Dollon étaient convoqués pour un entretien de service. Leur faute? Avoir manifesté devant la prison pour protester contre le départ forcé de leur chef, le très apprécié Constantin Franziskakis, en conflit notoire avec le chef de l’Office de la détention. Le plus tordu de l’histoire, c’est que M. Franziskakis, alors encore en poste à Champ-Dollon, a été lui-même chargé de remettre au pas ses employés l’ayant défendu.

Cette semaine, c’est une procédure administrative qui a été ouverte contre 162 policiers. Ils avaient, en octobre dernier, refusé de suivre une formation pour protester contre une directive sur leurs horaires qu’ils assimilent à du «travail sur appel». Les discussions sur la directive ont entretemps bien avancé. Ils ont donné des résultats réjouissants, à en croire le syndicat des policiers. Preuve selon lui de la légitimité des actions démarrées à l’automne. Intimider des employés plutôt que de les entendre? Tel est le climat dans le royaume de Pierre Maudet, le chef de la Sécurité. Le Cartel intersyndical de la fonction publique, lui, étend volontiers ce constat à l’ensemble du Conseil d’Etat.

A la décharge des autorités, les négociations avec la police ont toujours été très compliquées à Genève. Nombre de conseillers d’Etat, chargés de la Sécurité, se sont cassé les dents face à une police puissante et soudée, qui avait accumulé primes et privilèges.

Il n’empêche. Etre mobilisable quasi en tout temps pour répondre à l’inflation sécuritaire dont ces fonctionnaires ne sont pas responsables n’est pas acceptable. Surtout, le partenariat social impose une réelle concertation sur les conditions de travail. Pour éviter les grèves et la protestation, la criminalisation des actions n’est ni une réponse digne d’une démocratie ni efficace.… Lire la suite...